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Industrie extractive : Nécessité d’une valeur ajoutée

On retrouve des minerais sur tout le continent africain et la prospection en cours apporte chaque jour son lot de bonnes nouvelles.

L’Afrique, c’est 89% des réserves mondiales de platine, 81% de chrome, 61% de manganèse et 60% de cobalt. Mais avec cet immense potentiel minier, évalué à 30 % des réserves mondiales, l’Afrique occupe une position encore marginale sur la scène internationale même si ses ressources représentent une part significative des exportations de la moitié des pays africains. Malgré plus d’un demi-millénaire d’exploitation commerciale de ces ressources, le continent demeure l’une des régions géologiques les moins connues de la planète ; la valeur et l’ampleur totale des réserves minières à découvrir restent de l’ordre de la conjecture. S’il faut en croire les récentes découvertes de fer, de gaz, d’or et de charbon en Guinée, au Ghana, au Liberia, en Tanzanie et au Mozambique, l’abondance des ressources minières africaines permettrait de financer l’agenda de transformation du continent. Les minerais pourraient changer la donne, s’ils étaient transformés pour contribuer effectivement au développement humain. Pour l’instant, le secteur minier africain représente tout juste 10% de la production mondiale. Paradoxalement, la plupart des pays africains les plus riches en ressources figurent parmi les plus mal lotis de l’Indice de développement humain. L’Angola, notamment, avec un des taux de mortalité maternelle l’un des plus élevés au monde, la Guinée équatoriale, avec un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde et la République démocratique du Congo figurent en bas de classement dans tous les domaines considérés par l’indice. C’est le Niger, le plus gros exportateur d’uranium, qui occupe la dernière place. Les mauvais résultats des économies riches en minéraux sont liés à divers facteurs : un secteur extractif africain faiblement intégré à l’activité socio-économique nationale ; des exportations de matières premières à faible ou sans valeur ajoutée ; des liens faibles en amont et en aval avec le reste de l’économie.  Poussées aujourd’hui par l’optimisme généralisé qui sévit actuellement sur les marchés, les matières premières ont débuté l’année sous de bons auspices, après un super-cycle du prix des matières premières (2008-2016), induit par une très forte demande de ressources minérales à l’échelle mondiale, et en particulier de la part d’économies émergentes comme l’Inde et la Chine. Les économies africaines peuvent profiter de ces opportunités. Il s’agit donc de saisir ces occasions pour moderniser et pérenniser les emplois, stimuler une croissance inclusive en s’orientant vers des produits à plus forte valeur ajoutée, améliorer les compétences et les aptitudes, et donner accès à la connaissance, à des infrastructures et aux technologies. L’Afrique pourra ainsi entrer plus facilement sur de nouveaux marchés offrant des possibilités d’emploi productif et reprendre des filières mondiales à des pays comme la Chine, l’Inde et Taïwan, où le coût de la main-d’œuvre augmente.

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