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La réduction des inégalités : La preuve par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo

La forte croissance économique des pays d’Afrique de l’Ouest masque d’importantes inégalités territoriales. C’est le principal constat d’un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé «Géographie du bien-être au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Togo». Le document explique pourquoi l’embellie enregistrée dans la sous-région (plus de 5% par an) ne bénéficie pas à l’ensemble de la population. Après avoir analysé les données de quatre enquêtes récentes sur la consommation des ménages, les auteurs constatent en effet d’importantes disparités à l’intérieur des quatre pays étudiés, souligne la Banque mondiale.

Alors que l’Afrique de l’Ouest connaît la croissance la plus élevée du continent, près de la moitié de la population des pays étudiés, soit plus de 25 millions de personnes, est pauvre et vit avec moins de 1,90 dollar par jour en parité de pouvoir d’achat en 2011. Une contradiction que les auteurs attribuent aux disparités spatiales découlant du développement économique de ces quatre pays. En effet, à mesure qu’un pays se développe, ses activités économiques se concentrent dans les régions dotées de conditions agricoles et environnementales plus favorables, de ressources naturelles plus abondantes ou d’une meilleure situation géographique offrant un bon accès aux marchés. Cette multiplication des opportunités économiques attire un plus grand nombre de personnes à la recherche de travail, entraînant une plus forte densité démographique dans ces régions dynamiques, aux dépens des autres. Le document constate les mêmes schémas d’inégalités territoriales dans les pays étudiés, notamment avec le nord moins bien doté que le sud dans les pays côtiers tels que le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo.  «À l’intérieur d’un pays, les écarts de revenus et de niveau de vie peuvent être très importants d’une région à l’autre. De plus, certaines zones, caractérisées par un fort taux de pauvreté et peu d’habitants au kilomètre carré, constituent des poches géographiques de pauvreté», souligne Nga Thi Viet Nguyen, économiste au pôle mondial d’expertise « Pauvreté et équité » de la Banque mondiale. Le rapport recommande quatre orientations générales pour réduire les disparités géographiques du bien-être tout en stimulant la croissance. Il s’agit de favoriser l’urbanisation et d’augmenter la concentration des activités économiques dans les régions peu développées et d’accroître la productivité agricole en améliorant le régime foncier, l’irrigation et l’utilisation d’engrais. Il s’agit également de renforcer les transferts budgétaires en faveur des régions défavorisées et mettre en place des programmes de filets de protection sociale tels que les coupons électroniques et les virements mobiles permettant d’atteindre les populations vivant dans des zones difficiles d’accès.

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