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Invité du mois : Simon Ntirampeba, Directeur général de FOMI

Le Burundi se dote d’une usine des fertilisants – Pour juguler les défis rencontrés dans l’importation et distribution d’engrais chimiques chez les agriculteurs, un entrepreneur burundais lance une usine de fabrication des Fertilisants Organo-Minéraux Industries (FOMI). Rencontre avec Simon Ntirampeba, Directeur général de FOMI. 

AFRIMAG : Vous êtes le fondateur de FOMI. Qu’est-ce qui vous a poussé à penser à une telle initiative ?

Simon Ntirampeba, DG FOMI

Simon Ntirampeba, DG FOMI

Simon Ntirampeba : L’idée de créer une usine de fabrication des engrais organo-minéraux est née du coût élevé de l’importation des fertilisants au trésor public et aux agri-éleveurs. Sans oublier que les quantités disponibles en temps voulu sont fréquemment insuffisantes. J’ai développé  en matière d’importation et de distribution des engrais minéraux une certaine expertise. Je suis donc au courant de toutes les difficultés rencontrées comme les vols des camions et de leurs contenus, des pertes énormes, etc. Cette usine de production d’engrais organo-minéraux vise la sécurité et la souveraineté alimentaires du Burundi, la création d’emploi et l’économie des devises.

FOMI est une usine leader avec un actionnariat 100% burundais. Elle est située sur la Route Nationale N°5, à 9km du centre-ville de Bujumbura non loin de l’aéroport International de la capitale. Elle compte aujourd’hui environ 400 employés dont 300 ont déjà eu des contrats.

FOMI est parmi les rares usines en la matière qui existent dans la sous-région d’Afrique centrale et de l’Est. Elle est engagée dans la sauvegarde de l’environnement et investit dans la recherche pour le développement afin d’apporter des technologies innovantes.

Présentation de produits de FOMI

Quelle est la nature de la production de FOMI ? En quoi est-elle différente des engrais classiques distribués au Burundi ?

Nous avons aujourd’hui deux produits : les organo-minéraux appelés Fomi-Imbura est un organo-minéral adapté aux conditions des sols tropicaux, généralement acides et pauvres en matières organiques. A la différence des engrais minéraux classiques, Fomi-Imbura contient de la matière organique bénéfique à la physico-chimie et à la biologie du sol ; du calcium (ca) et du magnésium (mg) en plus des trois éléments majeurs (NPK) essentiels pour la plante.

Nous avons ensuite la chaux agricole qui est un amendement calco-magnésien qui neutralise l’acidité et améliore les propriétés physico-chimiques des sols tout en apportant des éléments nutritifs (Ca et Mg) pour les plantes. La chaux agricole sert à améliorer la diversité biologique en rendant le Ph favorable à la vie dans le sol. Elle est produite à partir des roches dolomitiques extraites des gisements locaux.

Quels sont les qualités des engrais organo-minéraux, leurs avantages ?

Les engrais organo-minéraux ont des valeurs d`assimilabilité des éléments nutritifs par les cultures avec des meilleurs coefficients d`utilisation des éléments nutritifs.  La matière organique augmente  la capacité d`absorption des racines, ralentit le vieillissement des racines, améliore l`efficacité des mécanismes productifs des plantes, insolubilise les métaux lourds pour les plantes et stimule la production de métabolites essentiels.

Il y a ensuite une efficacité économique. En effet, l’efficacité d`absorption est supérieure, les quantités utilisées sont donc inferieures. La physiologie de la culture est respectée. C’est pourquoi la capacité des cultures à résister aux stress augmente (sécheresse, maladies,…) et l`impact sur le sol est positif. Il  n`y a pas de phénomène de dégradation à court, ni  à long terme.

Ajoutons aussi l’efficacité agronomique. Ces types d’engrais protègent les éléments  nutritifs et les relâchent de façon naturelle. Ils créent un micromilieu favorable à la vie et à l`activité radiculaire. Ils  ralentissent les processus de fixation des nutriments dans les sols. Ils limitent fortement les processus de salinisation des sols, etc.

Côté environnemental, ces engrais sauvegardent la fertilité des sols et protègent l`écosystème. La  matière organique ayant un impact positif sur les caractéristiques du sol, et un pouvoir élevé de protection des éléments nutritifs, qui sont libérés en suivant la physiologie du végétal cultivé. Ils ont  une performance environnementale élevée, car la matière organique augmente l’efficacité de ces éléments nutritifs et permet de réduire les quantités perdues dans le sol.        

 

Qu’en est-il de l’accessibilité de vos produits ? Et la production attendue ?

Notre production (engrais et la chaux agricole) sera accessible car fabriquée localement. Quant à son prix d’achat, seul le ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage (MINEAGRIE) est habilité à le communiquer. Mais je puis vous rassurer qu’il sera moins cher par rapport aux engrais importés.

La production annuelle pour les engrais organo-minéraux est pour le moment estimée à 50 000 tonnes et à 70 000 tonnes pour la chaux agricole. Mais devant l’intérêt des agriculteurs pour ce nouveau produit de Fomi-Imbura, l’extension de notre usine est envisagée car la demande peut augmenter d’un moment à l’autre.

D’où trouvez-vous la matière première ?

Elle est à 65% locale et est constituée de la fumure organique et le calcaire dolomitique. Le reste, soit 35% constitué d’engrais chimiques, est importé.

Quid du matériel et du marché d’écoulement ?

Côté matériel, il n’y a pas de contraintes. Seulement, le personnel est nouveau dans le domaine. D’où l’organisation des formations en cours de production.  Quant au marché de nos produits, en premier temps, nous visons le marché local. Mais, dans l’avenir nous comptons exploiter le marché extérieur.

Qui sont vos partenaires  dans cette belle aventure ?

Nous travaillons en coopération avec d’autres institutions de recherches qui opèrent au Burundi ou même au niveau international comme l’Institut des Sciences agronomiques du Burundi (ISABU), FABI, etc.

Nous faisons également recours à une recherche participative, en coopération avec les agriculteurs, les associations ou les coopératives, bénéficiaires des produits de la FOMI.  C’est dans cette optique que la FOMI s’est dotée d’un Département chargé de la recherche agronomique.

Propos recueillis par notre représentant en Afrique de l’Est Benjamin Berahino

Agriculture Engrais FOMI Simon Ntirampeba

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