Washington a annoncé, le lundi 29 juin, la levée temporaire de « certains droits de douane » sur les engrais phosphatés importés du Maroc. La décision s’appliquera pendant 8 mois au maximum ou jusqu’à la levée de l’état d’urgence si celui-ci survient plus tôt.
« Les producteurs de pays tels que le Royaume du Maroc peuvent approvisionner les États-Unis en engrais phosphatés sans perturbation à ce stade. Il est impératif de faciliter immédiatement l’importation d’engrais phosphatés en provenance du Royaume du Maroc afin d’atténuer le risque important pesant sur la production agricole et alimentaire des États-Unis, de protéger la sécurité économique et nationale des États-Unis, et d’assurer un approvisionnement alimentaire intérieur stable », a-t-il déclaré dans une proclamation relayée par le site de la Maison-Blanche.
Depuis mars 2021, les engrais phosphatés marocains sont soumis à un droit compensateur suite à une plainte déposée par le groupe Mosaic, l’un des plus grands producteurs mondiaux de concentrés de phosphate, qui accusait les importations en provenance du Royaume chérifien de porter préjudice au marché américain. Fixé à 19,97 % à l’origine, ce taux a été abaissé à 2,12 % en novembre 2023, avant d’être relevé à 16,81 % depuis novembre 2024.
Avec cette décision, les États-Unis répondent à la requête formulée vers fin avril dernier par le sénateur Roger Marshall du Kansas, qui plaidait dans un projet de loi pour la suppression des droits compensateurs appliqués aux importations d’engrais d’origine marocaine, dans un contexte de hausse des prix mondiaux des engrais entraînée par la perturbation des flux au niveau du détroit d’Ormuz.
Par ailleurs, une étude publiée en janvier 2026 par l’Agricultural and Food Policy Center de l’université Texas A&M avait conclu que les droits compensateurs ont renchéri d’environ 6,9 milliards de dollars le coût des engrais phosphatés supporté par les producteurs américains de plusieurs grandes cultures, entre les campagnes agricoles 2021 et 2025.
Pour le groupe OCP, leader mondial des phosphates, cette mesure est une bonne nouvelle et ouvre à court terme des perspectives sur le marché américain, qui a perdu en couleurs ces dernières années. Les États-Unis ont importé du Maroc pour environ 150 millions de dollars d’engrais en 2025, loin du pic de 788 millions de dollars enregistré en 2018.
Selon certains spécialistes des marchés de matières premières, si une suspension des droits représente un signal positif, elle ne dissipe pas toutes les incertitudes. Selon la plateforme d’intelligence économique Argus citée par notre confrère Ecofin, les droits compensateurs imposés au Royaume du Maroc font l’objet d’un réexamen quinquennal par le département du Commerce américain, qui a par ailleurs annoncé début juin qu’il prolongeait jusqu’au lundi 20 juillet le délai pour rendre une décision préliminaire.





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