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Ishungure Parfait, coordonnateur du Centre culturel africain

AFRIMAG : la création du Centre culturel africain (CCA) est l’aboutissement d’efforts concertés, dans quelles conditions cette initiative a vu le jour ?

Ishungure parfait : Le Maroc a toujours été un tremplin pour un multiculturalisme avéré. Dans cet environnement où mille peuples se côtoient sans se connaître véritablement, le Centre culturel africain (CCA) se veut l’intermédiaire d’un dialogue entre civilisations. D’ailleurs, un groupe de Subsahariens résidant au Maroc a eu l’idée de mettre en place ce centre pour donner à la nouvelle génération un lieu d’apprentissage et de transmission de la culture africaine. Le centre souhaite renforcer les liens entre les peuples d’Afrique en faisant de Rabat la capitale culturelle de l’Afrique, cité où l’Afrique authentique se vit dans toute sa diversité.

Depuis sa création en 2010, le CCA a connu trois phases : le démarrage se caractérisait par un climat d’enthousiasme et d’espoir, mais face aux multiples défis, notamment financier, les fondateurs s’étaient retrouvés dans l’obligation de s’adapter à la réalité. En mai 2013, j’ai pris les rênes du centre et je suis venu avec une nouvelle vision de gestion. Il s’agit du principe de fonctionner avec les moyens de bord. Cela passe par la mobilisation des bonnes volontés autour d’un projet fédérateur. C’est ainsi qu’on a commencé par organiser toutes les deux semaines de cafés culturels réunissant artistes et amateurs de l’Art.

Cette expérience tend à rapprocher les différentes populations par l’Art et la Culture. Puis dans un deuxième temps, démontrer que la culture est un moyen de développement durable. Dans la même situation, nous avons entamé le programme de consacrer chaque année, une semaine à un pays africain. Et c’est la Guinée Equatoriale qui a été le premier pays consacré. C’était lors de la rencontre à Rabat des dirigeants locaux du monde à l’occasion du 4e Congrès des cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Le centre avait ficelé un programme riche en vue de mettre en valeur ce pays en plein développement. Pendant la première semaine d’octobre 2013 qui avait coïncidé avec la fête de l’indépendance de la Guinée Equatoriale une série d’événements culturels a été organisée : exposition de photos à l’Institut Cervantes de Rabat pour illustrer la beauté des paysages de ce pays mais aussi des instants de vie. Des troupes musicales et chanteuses équato-guinéennes se sont produites à Skhirat au Palais des Congrès. Les invités du CGLU ont été émus par la chanson en duo faite par la chanteuse équato-guinéenne Nalida Karr et le chanteur marocain Souiri, lors du dîner de gala organisé au jardin des Oudayas.

Le choix de la Guinée Equatoriale est-il justifié, et qui sera le prochain pays ?

Parfait Ishungure Bien sûr ! La Guinée Equatoriale illustre l’exemple d’un pays qui se transforme avec une extraordinaire célérité, grâce à ses revenus pétroliers mis au service des infrastructures, de l’éducation et de la santé de ses habitants. Pour accompagner ce changement radical, le gouvernement prête une importance primordiale à la culture comme un des vecteurs du développement humain. A cet égard, il y a lieu de citer l’organisation du Festival international du Hip Hop, l’implication des instituts culturels français dans la diffusion de la culture équato-guinéenne à travers leur réseau international, l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, chose inimaginable dans ce pays il y a encore pas longtemps…

Le prochain pays sera le Nigeria, un pays d’une diversité culturelle extraordinaire.

Son capital humain a fait ses preuves dans plusieurs domaines culturels : la littérature, le cinéma, la musique, la peinture…, l’Art de façon générale. Il est important de créer une collaboration entre artistes marocains et nigérians.

Un tel objectif ambitieux demande des ressources financières. Est-ce que le CCA bénéficie de subventions locales ou internationales?

 Depuis sa création, le CCA compte sur les cotisations de ses membres et sur la confiance de ses partenaires et sponsors. Nous n’avons pas encore décroché de partenaires à l’échelle internationale. Nous estimons qu’il faut d’abord valoriser nos compétences et montrer ce dont on est capable. Cela dit, nous avons signé un partenariat avec l’Institut des études africaines (IEA), et nous sommes en train d’aboutir un autre projet dans ce sens avec l’ambassade de France pour mettre les radios scolaires à la disposition des enfants, un moyen efficace pour s’exprimer et échanger.

Le continent africain attise les convoitises par ses richesses naturelles et humaines, qu’est-ce qu’il fait développer pour améliorer le quotidien de ses habitants?

 Sans doute, l’Afrique est le berceau de l’humanité et le lendemain de la planète, fascine par ses multiples richesses. Seule la culture a un pouvoir fédérateur inégalable pour réunir les populations et améliorer leur vécu. Les barrières les plus impénétrables peuvent tomber par la seule détermination des peuples et les rêves deviennent toujours des réalités à l’assaut d’esprits décidés. Il faut oser aller vers l’autre en quête de ce qu’il a de meilleur. Notre principal objectif est de rapprocher les populations à travers la culture. C’est Antoine de Saint-Exupéry, dans Terre des Hommes, qui disait : « si je diffère de toi, loin de te léser je t’augmente ». N’est-ce pas une belle leçon de tolérance.

Propos recueillis par
Kabira Naït Hammou

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