Dans un décret adopté la semaine dernière, le gouvernement a fixé à un maximum de 30% la part de la main-d’œuvre étrangère dans tous les secteurs d’activité, à raison de 5% pour le personnel d’exécution, 10% pour les techniciens supérieurs et agents de maîtrise, et 15% pour les cadres
Au cours du Conseil des ministres du 25 juin dernier, le gouvernement gabonais a fixé des quotas pour l’emploi de la main-d’œuvre étrangère. La réglementation institue le principe de la préférence nationale en matière d’emploi dans le public et le secteur privé. Le décret fixe à 15% le quota pour les cadres, 10% pour les agents de maîtrise et techniciens supérieurs, et 5% pour le personnel d’exécution. Cumulés, ces quotas pour l’emploi de la main-d’œuvre étrangère sont limités à un maximum de 30%.
Recettes contre le chômage endémique des jeunes
Il s’agit d’une des promesses des militaires au pouvoir à Libreville afin de lutter contre le chômage des jeunes. « Ce décret vise un triple objectif, notamment : accorder la priorité d’embauche aux nationaux et valoriser la main-d’œuvre gabonaise ; restreindre le recours à la main-d’œuvre étrangère à des postes de responsabilité ; faire coïncider la délivrance des autorisations d’emploi aux besoins du marché », justifie le gouvernement.
Ces quotas sont fixés en application des dispositions de l’article 137 de la loi n° 022/21 du 19 novembre 2021 portant Code du travail, qui prévoit qu’à l’embauche, la priorité soit accordée aux nationaux, à compétence égale. D’après cette disposition, les critères de compétence entrant dans l’appréciation doivent notamment tenir compte, selon le secteur d’activité, des clauses de mobilité dans les groupes de sociétés, du savoir-faire technique et de l’expertise requise pour l’emploi postulé ainsi que des besoins en main-d’œuvre dans les domaines de développement du pays.
36%, le taux de chômage des jeunes au Gabon
Les Gabonais espèrent que ces quotas seront appliqués afin de permettre de réduire le taux de chômage dans le pays. Selon l’Organisation internationale du Travail, le Gabon affiche l’un des taux de chômage des jeunes les plus élevés en Afrique subsaharienne (36%). Reste à savoir si les jeunes gabonais cesseront de rêver tous de travailler en costumes-cravate dans des bureaux climatisés, ou s’ils sont prêts à exercer les métiers pénibles où la main d’œuvre étrangère est très présente dans le pays.
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