À quelques mois de l’ouverture du processus de désignation du prochain Secrétaire général des Nations unies, Kampala avance un candidat de poids. Diplomate chevronné, ancien haut responsable onusien et figure de la défense des droits des enfants, Olara Otunnu entend porter les couleurs de l’Afrique dans une compétition où il rejoint déjà l’ancien président sénégalais Macky Sall.
L’Ouganda a officiellement lancé la candidature de l’ambassadeur Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations unies.
Une candidature portée par Kampala
Dans un communiqué publié dimanche 26 juillet, le ministère ougandais des Affaires étrangères présente ce diplomate de renom comme un « éminent homme d’État et haut fonctionnaire international », fort de plus de quarante années d’expérience au sein des plus hautes sphères de la diplomatie mondiale.
Pour Kampala, le parcours de l’ancien responsable onusien, à la croisée des institutions internationales, des affaires gouvernementales, du monde universitaire et de la société civile, constitue un atout majeur pour prendre les rênes d’une organisation confrontée à des défis géopolitiques sans précédent.
Une longue carrière au cœur des Nations unies
La candidature d’Olara Otunnu repose avant tout sur son expérience acquise au sein du système des Nations unies. Ancien secrétaire général adjoint, il fut également le premier Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005.
Le gouvernement ougandais souligne son rôle déterminant dans l’inscription de la protection des enfants victimes des conflits à l’agenda du Conseil de sécurité. Il lui attribue notamment la conception du mécanisme de surveillance et de conformité instauré par la résolution 1612, qui demeure aujourd’hui un instrument central de la politique onusienne en la matière.
Avant cela, Olara Otunnu avait représenté son pays auprès des Nations unies de 1980 à 1985. Président du Conseil de sécurité en décembre 1981, il est également crédité de la création de la « formule Otunnu », un système de vote officieux devenu une référence dans le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU.
Diplomatie, enseignement et consolidation de la paix
Au niveau national, le diplomate a occupé le portefeuille des Affaires étrangères entre 1985 et 1986 et siégé au Conseil consultatif national durant la transition qui a suivi la chute du régime d’Idi Amin.
Son parcours s’est ensuite enrichi d’une dimension académique et stratégique. De 1990 à 1998, il a dirigé l’International Peace Academy, aujourd’hui devenue l’International Peace Institute, tout en enseignant dans plusieurs institutions prestigieuses, parmi lesquelles Albany Law School, l’American University in Paris et l’Institut français des relations internationales (IFRI).
Ces dernières années, Olara Otunnu s’est investi dans la réconciliation des populations du nord de l’Ouganda en codirigeant l’initiative communautaire Roco Paco, consacrée à la reconstruction des communautés meurtries par plus de deux décennies de conflit.
Ses engagements en faveur de la paix et des droits humains lui ont valu plusieurs distinctions internationales, dont le Sydney Peace Prize, le German Africa Prize et le Harvard Law School Alumni Association Award.
Titulaire d’une licence en jurisprudence de l’Université d’Oxford et d’un Master of Laws de la Harvard Law School, il maîtrise l’anglais, le français et le luo.
Une bataille diplomatique qui s’annonce ouverte
Le mandat de l’actuel Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’achèvera le 31 décembre 2026. À l’approche de cette échéance, Kampala estime que l’expérience cumulée d’Olara Otunnu au sein du Secrétariat des Nations unies, du Conseil de sécurité, du gouvernement ougandais et des initiatives de consolidation de la paix fait de lui un candidat « exceptionnellement qualifié » pour diriger l’organisation dans un contexte international marqué par des crises multiples.
Le gouvernement ougandais appelle ainsi les États membres des Nations unies à lui accorder leur « plus grand soutien ».
Avec cette annonce, Olara Otunnu devient le deuxième Africain officiellement en lice pour succéder à Antonio Guterres, après l’ancien président sénégalais Macky Sall, ouvrant ainsi une nouvelle séquence de compétition diplomatique sur le continent africain pour la direction de l’organisation multilatérale.





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