L’agence S&P Global Ratings (Standard & Poor’s) a confirmé vendredi 24 juillet, la notation de crédit souverain à long et court terme en devises étrangères et locales du Congo-Brazzaville, à « CCC+/C » avec perspectives stables.
Les perspectives stables traduisent l’impact de la hausse de cours des hydrocarbures sur l’économie congolaise et l’amélioration du profil d’échéances de la dette et du passif relatif à l’accumulation d’arriérés.
L’agence de notation prévient qu’elle peut abaisser la notation si les performances budgétaires compromettent la capacité du gouvernement à honorer ses obligations de dette commerciale à temps, et intégralement. Ce pourrait être le cas, par exemple, en cas de baisse des prix internationaux du pétrole, ou si les dépenses publiques augmentent sensiblement, ce qui pourrait entraîner l’accumulation d’arriérés de paiement envers les créanciers.
Le Congo-Brazzaville a diversifié avec succès ses sources de financement grâce à trois émissions d’euro-obligations depuis fin 2025, améliorant ainsi le profil d’échéance de sa dette et renforçant sa liquidité à court terme. Malgré des taux d’intérêt toujours élevés, l’accès aux marchés internationaux réduit la dépendance du pays vis-à-vis du marché régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), où sa capacité d’emprunt est limitée par l’exposition souveraine déjà importante du secteur bancaire local.
Standard & Poor’s indique que la note souveraine du Congo-Brazzaville demeure limitée par des lacunes dans la gestion de finances publiques et de la dette. Le gouvernement s’attelle à des réformes pour remédier à ces lacunes, en rationalisant la gestion de la dette publique entre les trois contreparties concernées – le Trésor, l’Office de gestion de la dette et la Banque centrale- mais il reste à voir si ces réformes seront pleinement mises en œuvre, tempère l’agence de notation.
La dette estimée à plus de 100% du PIB
La notation souveraine de Brazzaville reste par ailleurs limitée par la dépendance structurelle de l’économie au secteur pétrolier, la rendant ainsi vulnérable aux chocs négatifs sur les termes de l’échange ainsi que par le niveau élevé de la dette publique nette que Standard & Poor’s évalue à plus de 100 % du PIB fin 2025. « Sans une réorientation durable de la politique budgétaire à moyen terme, axée sur la réduction de la dette et le remboursement des arriérés, le système financier du Congo-Brazzaville risque de ne pas être viable », met en garde l’agence de notation financière.
Au plan macroéconomique, Standard & Poor’s prévoit une croissance du PIB du d’environ 4 % en moyenne sur la période 2026-2029 avec l’hypothèse de la poursuite du dynamisme de l’économie non pétrolière, soutenue par la consommation privée et les investissements dans le secteur minier. Les efforts déployés par les autorités pour apurer les arriérés de paiement auprès des fournisseurs nationaux, ainsi que leur volonté affichée d’éviter l’accumulation de nouveaux arriérés, pourraient également contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et impacter la croissance.











