Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 24 juin, un décaissement d’environ 832,8 millions de dollars (un peu plus de 467 milliards de FCFA) en faveur de la Côte d’Ivoire, au terme de la sixième revue de ses programmes. Ce versement couronne trois années d’engagements tenus par Abidjan. L’achèvement réussi de ce programme ouvre désormais une nouvelle phase stratégique pour le pays, résolument tournée vers l’investissement d’envergure et la mise en œuvre opérationnelle de son Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Depuis 2023, la Côte d’Ivoire était engagée avec le FMI dans un double dispositif : un programme économique classique et une Facilité pour la résilience et la durabilité, consacrée aux enjeux climatiques. Au total, quelque 4,8 milliards de dollars ont été mobilisés en trois ans. Le pays conclut cette sixième et dernière évaluation sur un franc succès en ayant respecté l’intégralité de ses critères de performance. Ce résultat est d’autant plus notable que la conjoncture des trois dernières années a été particulièrement mouvementée, marquée par une forte instabilité des cours mondiaux du cacao et par le resserrement mondial des conditions de crédit.
Un bilan sous contrôle et des fondamentaux renforcés
L’approbation du FMI repose principalement sur la consolidation de deux indicateurs macroéconomiques. D’une part, le déficit budgétaire a été ramené à 3 % du PIB en 2025, respectant ainsi stricto sensu la norme communautaire fixée par l’UEMOA. D’autre part, la dette publique est redescendue à 57,1 % du PIB, enregistrant sa première trajectoire baissière depuis plus d’une décennie.
Sur la base de ces performances, les institutions de Bretton Woods ont reclassé le risque de surendettement de la Côte d’Ivoire de « modéré » à « faible », un statut particulièrement rare et recherché en Afrique subsaharienne, tout en hissant sa capacité d’endettement au niveau « fort.»
Le FMI a également salué la gestion proactive de la dette extérieure de l’État. Abidjan a optimisé son profil de maturité en allongeant les délais de remboursement et en lissant ses échéances pour prévenir les chocs de liquidité. Le pays a par ailleurs diversifié ses sources de financement, en devenant notamment le premier État d’Afrique subsaharienne à émettre sur le marché samouraï (japonais), et a procédé au rachat anticipé d’une partie de ses eurobonds.
Un nouveau cycle de transformation
Ce signal vert envoyé par le FMI a constitué un puissant catalyseur lors du Groupe consultatif réuni à Abidjan les 8 et 9 juillet derniers. Ce grand sommet, destiné à structurer le financement du PND 2026-2030, s’est soldé par un franc succès. La validation de la trajectoire ivoirienne a pleinement rassuré les marchés, permettant de sécuriser de solides intentions de financement et de mobiliser le secteur privé national et international.
Pour pérenniser cette dynamique, le pays devra toutefois piloter les prochaines étapes économiques avec vigilance. L’exercice 2026 pourrait ainsi connaître un élargissement temporaire et maîtrisé du déficit budgétaire, sous l’effet des tensions géopolitiques mondiales et de la volatilité des cours du cacao. De plus, face à une croissance actuellement portée par le dynamisme des secteurs extractifs (hydrocarbures et mines), l’enjeu majeur des années à venir résidera dans l’accélération de la diversification des moteurs de l’économie. Les autorités devront intensifier les efforts en faveur de l’industrialisation, de la transformation locale des matières premières et du renforcement du secteur privé. Fort de fondamentaux assainis et d’une crédibilité financière restaurée, la Côte d’Ivoire aborde ce nouveau cycle de transformation avec des leviers solides pour réussir sa mutation structurelle.





Côte d’Ivoire


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