fbpx

Mauritanie : la présidentielle et ses enjeux

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Cinq candidatures en lice pour la présidentielle du 21 juin 2014. Celle d’Alwata Ould Bouamatou, frère cadet du richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, installé au Maroc (Marrakech) depuis 2009, n’ayant pas été retenue par le Conseil constitutionnel. Le bâtonnier sortant de l’Ordre national des avocats de Mauritanie, Me Bouhoubeiny, avait également désisté, quatre jours après le dépôt des candidatures. Suite à des pressions du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), dit-on.

C’est là le décor d’une élection présidentielle, sans véritable enjeu, en Mauritanie. Le profil de la plupart des concurrents de l’actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz, mais surtout le boycott de ce scrutin par les partis du FNDU ainsi que par l’Alliance populaire progressiste (APP) du président du Conseil économique et sociale, Messaoud Ould Boulkheir annoncent un scrutin terne. Pour sa part, l’Union européenne annonce qu’elle ne s’engagera pas dans cette élection non consensuelle. Pas d’observateurs donc et pas de financements, ce qui oblige le gouvernement à tout prendre en charge.

Certains observateurs pensent pourtant qu’un report est toujours possible. Que le président Aziz va sans doute rééditer son « coup » du 6/6/2009, en donnant l’illusion que la machine déjà en marche ne peut plus s’arrêter puis, au dernier moment, accepter les exigences du FNDU. Fort de ses « acquis » mais aussi de la faiblesse d’une opposition divisée et non préparée, il ne perd rien à accepter un report de deux ou trois mois qui lui permette d’attirer le FNDU dans le piège d’une élection gagnée d’avance. C’est le seul moyen pour le pouvoir d’empêcher une « reconfiguration » qui ramène le pays vers la crise de 2008-2009 et, surtout, une remise en cause d’une avancée démocratique que le « président de l’Union africaine » voudrait bien inscrire dans son actif, en gagnant une élection présidentielle sans tache. Juste avant d’aller à Washington coprésider avec Barack Obama un sommet afro-américain qui ajoutera à sa stature internationale un galon de plus.

Partager.

Répondre