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Mauritanie : La SNIM sur la mauvaise pente

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SNIMUn hôpital financé à hauteur de 3 milliards d’ouguiyas, environ 8 millions de dollars US à Nouadhibou, un autre à Zouerate et, récemment, un institut des maladies hépato-virales à Nouakchott pour lequel la SNIM a déboursé 1,6 milliard d’UM ! Des projets qui viennent s’ajouter à une longue liste d’engagements- forcés- dans lesquels la première entreprise du pays a mis de l’argent sans réelle conviction : un « soutien » de 15 milliards d’UM (37,5 millions d’euros) à l’entreprise «Najah » chargée de la construction du nouvel aéroport international de Nouakchott, une prise de parts à la Société des transports publics quand elle se trouvait au bord de la faillite. Pour certains observateurs, c’en est trop. Certes, tant que les prix du fer se maintiennent à leur niveau actuel, la SNIM pourra faire face à de tels engagements à caractère social, par le biais de sa fondation, mais si la donne change (ce qui peut arriver à tout instant), l’échafaudage risque de s’écrouler. Et mettre un terme à une infaillibilité de la SNIM qui dure depuis 60 ans.

Tant que les investissements de la SNIM, détenue à 78% par l’Etat mauritanien, reste dans sa sphère d’action, on ne peut qu’espérer la voir se développer pour aller au-delà de ses réalisations en 2013 : 13,042 millions de tonnes de minerai de fer vendues en 2013. Un volume jamais atteint par l’entreprise, au moment où elle est engagée dans un vaste et ambitieux programme de transformation baptisé «Nouhoudh» (Renaissance).

Ce programme vise à faire de la SNIM l’un des cinq premiers exportateurs mondiaux de minerai de fer en seaborne (transporté par mer), avec une production annuelle de 40 millions de tonnes à l’horizon 2025. Si seulement le gouvernement, en manque de ressources, évite de l’impliquer dans des montages de dernière minute et qui n’ont rien à voir avec son activité.
La SNIM, qui représente plus de 50 % des exportations de la Mauritanie, et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,127 milliard de dollars en 2013, pourrait-elle tenir le coup ? Pas évident si l’Etat continue à la pousser devant dans des dépenses faramineuses et inopportunes de ce qui n’est apparemment que la face apparente de l’iceberg.

D’autant que la société a ouvert les vannes suite au lancement de son programme «Nouhoud» dont l’étude de « faisabilité » aurait couté une dizaine de milliards d’ouguiyas et l’achat chez «Caterpillar » de 47 gros camions de type « Damper » à 3 milliards d’ouguiyas.

D’aucuns pensent qu’il s’agit là d’un gâchis, la SNIM devant plutôt orienter cette énorme dépense vers la création d’une fonderie « stratégique » de fer à Zouerate ou à Nouadhibou, au lieu de continuer à exporter le fer en brut depuis 60 ans.

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