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Mining Indaba 2020 : Le moral de l’industrie minière au beau fixe

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La 26 ème édition de Mining Indaba 2020 a baissé son rideau. Plus de 6000 professionnels des mines étaient venus de 150 pays pour assister à de nombreux panels sur l’avenir de leur industrie… mais surtout pour nouer des contacts afin d’avancer leurs projets extractifs et écouler leurs minerais.

 

de gauche à droite le président de la Sierra Leone Julius Maada-Bio et le ministre sud-africain de l’Energie et des ressources minières Gwede Mantashe.

de gauche à droite le président de la Sierra Leone Julius Maada-Bio et le ministre sud-africain de l’Energie et des ressources minières Gwede Mantashe.

 

La plus grande conférence au monde sur les mines, Mining Indaba 2020, s’est tenue du 03 au 06 février 2020 dans la chic ville sud-africaine de Cape Town à l’extrême sud du continent. Plus de 6000 professionnels des mines ont pris part à cet événement d’envergure. Les sociétés minières internationales telles que Anglogold, Endiama, Barrick, Enroxxs, Kinross, Kalagadi Manganese de Mme Daphne Mashile – Nkosi,… étaient présentes avec leur savoir-faire et leurs plans d’investissement.

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L’invité d’honneur de cette grand-messe sur les mines qui se tient chaque année depuis 26 ans à Cape Town était le président de la Sierra Leone, Julius Maada-Bio. Ce dernier a fait un plaidoyer remarqué sur les immenses ressources minières, notamment les diamants de son pays. Plaidoyer qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd vu les nombreux investisseurs venus chercher des opportunités et qui se sont accourus vers lui et sa délégation pour obtenir des rendez-vous.

Il faut dire que Indaba est avant tout un lieu de rencontre entre investisseurs de premiers plans et acteurs désireux de nouer des partenariats. Ce que le dirigeant ouest-africain et beaucoup d’officiels venus de plusieurs pays à fort potentiel minier ne savent que trop bien.

 

Au total, 38 ministres africains, européens, américains, arabes, Saoudiens notamment ou asiatiques ont pris part à cet événement, dont le Premier ministre de la République démocratique du Congo ou le ministre canadien en charge du secteur minier.

D’ailleurs, dans ce même sens, l’édition de cette année a permis de mettre en lumière une vingtaine d’entreprises présentant un excellent potentiel de croissance.

 

L’autre clou des interventions de la cérémonie d’ouverture a été, sans doute, celui du ministre sud-africain de l’Energie et des ressources minières, Gwede Mantashe, syndicaliste charismatique de premier plan. Il n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre à plat les nombreux problèmes qui assaillent l’économie sud-africaine. En tête de liste, le déficit chronique en énergie. Même l’emblématique entreprise nationale, Eskom, semble dépassée par la question. Cette situation ne cesse d’ailleurs de plomber la croissance du pays largement dépendante de l’industrie minière. En effet, l’exploitation minière demande de l’énergie à profusion, alors que cela fait cruellement défaut à ce pays de loin le plus industrialisé du continent africain.

 

« La croissance du PIB sud-africain est de 1%. Les minerais non métalliques ont contribué à cette croissance », a-t-il relevé. C’est dire que tant que l’Afrique du Sud continue à subir des interruptions électriques récurrentes, l’industrie minière sud-africaine, principales ressources du pays, la croissance tant rêvée pour lutter contre le chômage et les inégalités sera attendue au coin de la rue.

 

En attendant de trouver des solutions viables et définitives à ce problème énergétique, Gwede Mantashe suggère une série de solutions. « S’il le faut, nous nous passerons des services d’Eskom », prévient le titulaire du portefeuille de l’Energie et des ressources minières. Autrement dit, le retour au polluant charbon ! Pourtant depuis le début de l’année 2010, l’Afrique du Sud a fermé un certain nombre de mines de charbon. Fermeture qui n’est pas étrangère dans les déficits électriques et la hausse du prix de l’électricité. Ce qui est loin de favoriser l’investissement privé dans l’exploitation minière. Or, le pays a besoin des capitaux dans la chaîne de valeur minière pour la relance de l’économie. La solution semble être, selon Gwede Mantashe : “Nous avons créé des nouvelles lois sur l’exploitation du pétrole.

Nous allons encourager les sociétés minières à faire de l’auto-génération de l’énergie. Pour ce faire, elles n’auront pas besoin d’autorisation.” Et d’ajouter : “Le problème d’Eskom est d’utiliser le mazout qui est cher au lieu du gaz. Nous allons vers une transition énergétique.”

Si le charbon semble être la solution, l’énergie nucléaire dont l’Afrique du Sud était l’un des rares pays à maitriser cette technologie au temps de l’apartheid est aussi sérieusement envisagée.

Quant au retour à l’exploitation des mines de charbon, selon le ministre, elle sera entreprise avec des normes contraignantes pour réduire les émissions.

 

DNES a Cape Town A. D. Tandia 

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