Le gouvernement congolais ne veut plus seulement exporter des minerais bruts, mais aussi mieux décider comment ils sortent du pays, à quel prix et avec quelle part de valeur retenue localement. Cette stratégie est désormais le fil conducteur de tous les Etats africains, qui veulent un partage plus équilibré des revenus générés par l’exploitation des mines.

En RD-Congo, cette stratégie était déjà déployée dans le secteur du cobalt. Désormais, elle s’étend au très convoité secteur diamantifère, avec la signature lundi 29 juin d’un accord-cadre entre le Fonds minier pour les générations futures et son partenaire suisse.
Le partenariat prévoit la création d’ADEX au Congo, une coentreprise détenue à parts égales par le Fonds minier et ADEX. Elle doit mettre en place une taillerie-joaillerie de niveau international, une plateforme numérique de commercialisation directe sur les marchés internationaux, ainsi que des mécanismes de transfert de technologies et de renforcement des compétences locales.
L’initiative prolonge une politique déjà déployée dans le cobalt. Pour ce métal essentiel aux batteries électriques et dont l’offre mondiale provient à 70 % de la RDC, Kinshasa utilise depuis peu le contrôle des exportations pour encourager la transformation locale et défendre ses revenus. La différence est que le cobalt donne à Kinshasa un pouvoir de marché exceptionnel, alors que le diamant congolais n’ évolue pas dans une industrie sous pression.
En 2025, la RD-Congo a produit 8,1 millions de carats, dont 85 % issus de l’exploitation artisanale. Le premier producteur africain, le Botswana, a depuis longtemps bâti sa stratégie sur la taille, le tri et la commercialisation locale des diamants. C’est une voie que l’autre acteur majeur de la filière, l’Angola, s’attèle à suivre. Mais si ces deux pays sont autant exposés que la RDC aux difficultés du marché, cette dernière doit aussi gérer le défi de l’approvisionnement du projet ADEX. Une part importante de la production congolaise relève en effet du diamant industriel et non de la catégorie destinée à la joaillerie.
Pour Louis Watum Kabamba, ministre des Mines de la RDC, cet accord ouvre une nouvelle ère du commerce responsable des diamants en RDC. Il s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi visant à accroître la valeur ajoutée des ressources minières, créer des emplois et renforcer la transparence dans le secteur. Le projet ambitionne également de lutter contre la contrebande, de promouvoir la transformation locale et de positionner durablement la RDC comme un acteur compétitif sur le marché international des diamants et des pierres de couleur.





République démocratique du Congo



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