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Mohammed VI, 22 ans de règne et des avancées majeures pour le Maroc

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En vingt deux ans de règne de Mohammed VI, le visage du Maroc a profondément changé. Le souverain chérifien a modernisé son pays et s’est attaqué aux grands défis sociaux. Parmi ses priorités, figure également l’Afrique. Analyse.

Lundi 5 juillet 2021, c’était un grand jour pour le Maroc. Le Roi Mohammed VI a présidé la cérémonie de lancement et de signature des conventions relatives au projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid-19 et autres vaccins. Fruit d’un partenariat public-privé qui survient après l’entretien téléphonique du 31 août 2020 entre le souverain et le Président chinois Xi Jinping, le projet, dont l’investissement global représentera 500 millions de dollars US, devrait démarrer à court terme avec une capacité de production de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid-19 par mois. Par la suite, cette capacité devrait être démultipliée progressivement, à moyen terme. «Ce projet a pour objet la production dans notre pays du vaccin anti-Covid, ainsi que d’autres vaccins-clés, de manière à promouvoir l’autosuffisance du royaume et de faire du Maroc une plateforme de biotechnologie de premier plan à l’échelle du continent africain et du monde dans le domaine de l’industrie du «fill & finish »», indique un communiqué du cabinet royal. 
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Au cours de ces vingt deux dernières années, depuis son accession au trône, le Roi Mohammed VI a apporté des changements tangibles dans de nombreux domaines. «Nous souhaitons que le Maroc, sous notre règne, aille de l’avant sur la voie du développement et de la modernité, et qu’il accède au troisième millénaire, doté d’une vision prospective, en parfaite cohabitation et en entente réciproque avec nos partenaires (…)», promettait-il aux Marocains le 30 juillet 1999, jour de son intronisation. Il faut dire que 22 ans plus tard, le Maroc apparaît en effet plus moderne et plus développé. Les changements structurels sont frappants. Le royaume n’a que peu de choses à voir avec ce qu’il était au début des années 2000. En deux décennies de règne, le PIB a été multiplié au moins par deux. Cette création de richesses et d’emplois a permis de réduire significativement la pauvreté. La classe moyenne n’est pas ici une vue de l’esprit. Il faut dire que depuis son intronisation, le monarque a su écouter et intérioriser les attentes des Marocains et a fait de l’action quotidienne sur le terrain, le support de son message à ses compatriotes.

Tanger Med, premier port africain et méditerranéen

Tanger Med, premier port africain et méditerranéen

Une vision développementiste

Le style de gouvernance adopté a conféré au royaume une stabilité politique qui le caractérise dans sa région et même au-delà. Surnommé «Roi des pauvres», Mohammed VI a lancé, en 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), dont il a eu l’idée au cours d’une visite dans un orphelinat de Casablanca. Même s’il n’a pas pu résorber tous les déficits sociaux, ce programme transversal a fait baisser le taux de pauvreté de moitié dans le pays.  

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Le développement territorial n’échappe pas à cette gouvernance efficiente. Les villes respirent la modernité. On peut désormais circuler en bus électrique à Marrakech ou en tramway à Rabat ou encore Casablanca. Un TGV relie désormais Casablanca à Tanger en deux heures dix chrono, alors qu’il y a trois ans, le même périple nécessitait quatre heures… Les distances entre les villes tendent à se réduire, avec un réseau autoroutier moderne plus étoffé. Le pays dispose aujourd’hui de plus de 1800 Km d’autoroutes opérationnelles. 70% de grandes villes du pays sont reliées par des autoroutes.

Le Maroc a enfin pu faire valoir son positionnement géostratégique dans le détroit de Gibraltar, avec le complexe portuaire Tanger Med, qui a su s’imposer inexorablement depuis 2007 dans le paysage international du fret maritime. Il positionne le pays comme une véritable puissance maritime mondiale. Ce dernier est devenu  le 1er port de transbordement de containers en Méditerranée, et 1er port à conteneurs en Afrique, suivi par Port Said en Egypte, puis Durban en Afrique du Sud. 

Muhammad’s Buhari

Le Roi Mohammed VI et le Président nigérian Muhammadu Buhari en 2018 à Rabat. A cette date, une alliance économique avec le royaume chérifien est scellée avec comme tête de pont le gazoduc, les phosphates…

L’Afrique, une priorité

Fort de cette situation aux portes de l’Afrique, Mohammed VI a pu ériger la coopération Sud-Sud comme modèle de développement. Le royaume a consolidé ses relations bilatérales avec différents pays du continent et retrouvé sa place dans l’Union africaine (UA) – qu’il avait quittée en 1984. Avec le Président du Nigeria Muhammadu Buhari, le Roi Mohammed VI a fait avancer un megaprojet de gazoduc à travers l’Afrique de l’Ouest. Lancé en 2016 à Abuja, la capitale du Nigeria, sous la présidence des deux chefs d’Etat, ce projet d’envergure reliera les énormes ressources gazières du Nigeria, celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Maroc, et favorisera ainsi l’intégration économique de cette région du continent. Il faut dire que durant les 22 ans de règne, la vocation africaine du Maroc a pris une nouvelle dimension en s’inscrivant dans le cadre d’une vision long terme. Aux nombreuses visites du souverain en Afrique subsaharienne, auront suivi des investissements économiques conséquents. A commencer d’abord par l’implication des entreprises publiques dans la mise en œuvre de différents projets ayant trait au développement des infrastructures de base, notamment la construction de barrages, les réseaux routiers et ferroviaires, les télécommunications, l’assainissement, l’électrification, la gestion des ressources en eau et l’irrigation, la formation… et autres. Globalement, le recentrage stratégique de la diplomatie du Maroc sur l’Afrique a été accompagné par l’accélération de la présence de ses entreprises dans plusieurs pays d’Afrique.

Outre l’Afrique, le royaume chérifien a renforcé ses liens avec ses partenaires traditionnels d’Europe ou du Moyen-Orient ou encore des Etats-Unis et a élargi ses efforts diplomatiques à de nouveaux espaces, comme la Russie, la Chine et certains pays d’Amérique latine. Tous considèrent aujourd’hui le Maroc comme un acteur de poids sur le plan international. Et observent avec intérêt ses modèles dans divers domaines, notamment sécuritaire, religieux et migratoire.

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Sur ce front de la diplomatie, le souverain marocain a remporté une victoire éclatante face aux soutiens irréductibles des séparatistes du front Polisario que sont notamment en Afrique, l’Algerie et l’Afrique du Sud. En effet, le 10 décembre dernier, l’ancien Président américain Donald Trump a annoncé la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur la région du Sahara, et l’ouverture d’un consulat américain dans la ville de Dakhla, la deuxième grande ville du Sahara marocain, après Laayoune. Le 1er juillet dernier également, la nouvelle administration américaine du Président Joe Biden a réaffirmé qu’il n’y avait «aucun changement» dans la position des États-Unis concernant «la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara».  Le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price, a déclaré lors d’une conférence de presse que la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara «restera la position de l’administration du Président Joe Biden». «Il n’y a pas de changement» sur cette question, a-t-il, en outre, affirmé, dans une claire continuité de la position des États-Unis.

Aujourd’hui, le Roi du Maroc regarde de nouveaux horizons. En décembre 2019, il avait nommé les 35 membres de la commission chargée de livrer un rapport sur le Nouveau modèle de développement du Maroc (NMD). Cette commission a remis officiellement son rapport au souverain le jeudi 27 mai de cette année 2021. 

Le Roi Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron lors de l’inauguration à Tanger du Train à Grande Vitesse “Al BORAQ” reliant la ville du détroit à Casablanca.

Le Roi Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron lors de l’inauguration à Tanger du Train à Grande Vitesse “Al BORAQ” reliant la ville du détroit à Casablanca.

Une ambition pour 2035

«En 2035, le Maroc est un pays démocratique, où toutes et tous sont en pleine capacité de prendre en main leur devenir et de libérer leur potentiel, de vivre en dignité au sein d’une société ouverte, diverse, juste et équitable. C’est un pays créateur de valeur, qui fructifie ses potentialités de manière durable, partagée et responsable.» Ainsi est défini le Maroc de demain rêvé par la commission qui a livré le rapport. Ce dernier fixe une quinzaine d’indicateurs de performance pour une évaluation de ce Nouveau modèle de développement (NMD). Il s’agit entre autres, de doubler le PIB par habitant (en dollars PPA). Il passerait de 7.800 à 16.000 dollars en 2035. Il s’agit d’un doublement du PIB par habitant en 15 ans. Élargir la base des entreprises exportatrices en portant leur nombre de 6.000 à 12.000 entreprises en 2035. Ceci passe par l’amélioration sensible de la compétitivité du Maroc. Ainsi que la part de l’emploi formel (80 %) et d’atteindre un taux de satisfaction des citoyens vis-à-vis des services publics à hauteur de 80 %, un indicateur nouveau qui n’a pas encore cours au royaume.  

Pour concrétiser cette ambition, le rapport déroule un ensemble d’axes et de choix stratégiques et présente un plan de financement qui prévoit 4 % du PIB d’investissements publics additionnels durant la phase d’amorçage et jusqu’à 10 % en rythme de croisière. Il propose même de sortir de l’orthodoxie financière : «un recours accru à l’endettement à court terme est incontournable, et devrait être utilisé pour financer de manière ciblée les projets et chantiers porteurs de développement structurel et de croissance à moyen-long-terme, notamment dans le capital humain et la transformation structurelle de l’économie», peut-on lire dans le rapport.

En attendant, le Maroc se relève doucement, mais sûrement, de la crise sanitaire, dont il pourrait bien sortir renforcé et plus solidaire. Déjà, les baromètres socio-économiques affichent meilleure mine, la campagne agricole commence sous les meilleurs auspices… Autrement dit, il souffle sur le royaume comme un vent de relance, de changement et d’optimisme. Même dans la rue, le décor change progressivement. La vie «normale» reprend petit à petit ses droits, au rythme de l’allègement des restrictions imposées par la crise sanitaire mondiale. 

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