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Les premiers effets collatéraux de la crise politique actuelle à Maputo, sont déjà visibles. Les manifestations violentes, les affrontements meurtriers et les actes de sabotage ont contraint le géant pétrochimique sud-africain Sasol à réduire la production sur ses sites mozambicains de Pande et Temane. Selon les explications de son management, «cette réduction vise à protéger la sécurité du personnel et des installations dans un contexte de violence croissante, mais elle entraîne des perturbations majeures dans la chaîne d’approvisionnement en gaz, en Afrique du Sud.»

La crise politique née de la victoire contestée de Daniel Chapo à la présidentielle, candidat du Frelimo, le parti « marxiste » au pouvoir depuis l’Indépendance, est en train de menacer gravement l’approvisionnement en gaz de l’Afrique du Sud, fragilisant son secteur industriel et énergétique fortement dépendant des importations du Mozambique. Le soutien aveugle de l’ANC aux «camarades» mozambicains, risque de coûter très cher à l’économie sud-africaine

Pour la junte au pouvoir à Niamey, l’activation de ce plan B équivaudrait à abandonner définitivement le passage par le pipeline vers le Bénin et de «punir» Cotonou. Reste à savoir si les partenaires chinois qui avaient investi 4 milliards de dollars dans cette infrastructure, l’entendront de cette oreille.

Le gouvernement nigérien est en train de remettre au goût du jour le projet d’exportation du pétrole brut via le pipeline de 1.080 km construit entre le Tchad et le Cameroun. Selon la presse nigérienne, un comité devrait bientôt être mis sur pied, «pour réactiver les travaux» devant aboutir à la réalisation de ce projet abandonné depuis 2014, face à la menace de la secte islamiste Boko Haram dans la zone du lac Tchad

C’est le président Nicéphore Soglo qui avait évoqué le premier l’idée d’une médiation, quelques mois après la crise. Il voulait la mener avec le forum des anciens chefs d’Etat auquel il appartient avec le nigérian Olusegun Obasanjo. Cela ne s’est pas fait. Ce sera maintenant avec Thomas Boni Yayi, son successeur et président du parti d’opposition Les Démocrates qu’il espère désamorcer la tension entre Niamey et Cotonou.

Ce sont leurs services de communication qui ont révélé simultanément le déplacement, ce lundi 24 juin à Niamey, de deux anciens présidents de la République du Bénin pour tenter ce qui apparaît comme une médiation de la dernière chance. Selon le communiqué, Thomas Boni Yayi et Nicéphore Soglo s’y rendent pour «contribuer à rétablir les relations cordiales et fraternelles entre les deux pays.»