Le gouvernement nigérien est en train de remettre au goût du jour le projet d’exportation du pétrole brut via le pipeline de 1.080 km construit entre le Tchad et le Cameroun. Selon la presse nigérienne, un comité devrait bientôt être mis sur pied, «pour réactiver les travaux» devant aboutir à la réalisation de ce projet abandonné depuis 2014, face à la menace de la secte islamiste Boko Haram dans la zone du lac Tchad
Pour la junte au pouvoir à Niamey, l’activation de ce plan B équivaudrait à abandonner définitivement le passage par le pipeline vers le Bénin et de «punir» Cotonou. Reste à savoir si les partenaires chinois qui avaient investi 4 milliards de dollars dans cette infrastructure, l’entendront de cette oreille.
Le revirement des autorités nigériennes craignant que leurs exportations de brut pâtissent de l’insécurité dans la région du lac Tchad par Boko Haram, Niamey s’était détourné de l’oléoduc Tchad-Cameroun pour porter sa préférence au pipeline de 2.000 km reliant les champs pétroliers nigériens d’Agadem (plus de 1.500 km de Niamey) au port de Sèmè, au Bénin. Cette infrastructure a été inaugurée le 1er novembre 2023. Mais, l’utilisation de ce pipeline pour les exportations du brut nigérien est plombée par les tensions entre le Niger et le Bénin, depuis le coup d’État perpétré à Niamey par le général Tiani. Ce coup de force a amené nombre de pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin, à arrêter toute coopération avec le Niger. Les tensions entre le Niger et le Bénin se sont d’ailleurs aggravées ces dernières semaines, avec ce que les autorités nigériennes ont qualifié de «prise en otage» par les autorités béninoises de Nigériens en mission au port de Sèmè.





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