Le chef de l’Etat gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a notifié aux dirigeants du groupe cimentier CIMAF appartenant à l’homme d’affaires marocain Anas Sefrioui, l’intention de l’Etat d’acquérir 20 % du capital de sa filiale locale. Cette démarche intervient alors que le cimentier, implanté au Gabon depuis plus de dix ans, s’apprête à changer de dimension.
L’entreprise ambitionne en effet de doubler sa capacité pour la porter à 1,85 million de tonnes par an d’ici la fin de l’année grâce au déploiement d’une troisième ligne de production. CIMAF Gabon développe en parallèle un projet d’usine de broyage de calcaire estimé à 27 milliards FCFA. Cette unité industrielle vise à exploiter les gisements nationaux afin d’atteindre l’autosuffisance en ciment.
Cette réorientation industrielle répond à une exigence de Libreville qui souhaite plus d’intégration locale et mettre fin à la dépendance du pays vis-à-vis des importations de clinker, l’intrant essentiel pour produire le ciment et qui était acheminé depuis le Maroc. Conséquence de ce vent de souverainisme à la gabonaise, Libreville a décidé de supprimer à partir du 1er janvier 2027, la totalité des exonérations fiscales et douanières dont bénéficiaient jusqu’à présent les importations de clinker de CIMAF.
L’extinction de ces avantages modifie de fond en comble l’équation de rentabilité sur laquelle était basé le business plan de CIMAF. Il envoie surtout un mauvais message aux investisseurs étrangers car cela signifie qu’à tout moment, les conventions conclues avec l’Etat peuvent être balayées.
Pour les analystes, cette offensive n’est pas une surprise. En décembre 2025, le président gabonais avait déjà acté le principe d’une entrée à hauteur de 10 % dans le capital de CIMAF Gabon, brisant le tabou d’une nationalisation partielle qui fait tant peur aux investisseurs. En annonçant leur volonté d’acquérir 20 % du capital du cimentier, les autorités gabonaises espèrent y adosser un droit de veto sur les orientations stratégiques de l’entreprise. Une manière pour elles de garder la main sur un secteur vital pour le pays. C’est du moins, l’explication officielle.





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