Quelques minutes après sa réintégration au Parlement, Ousmane Sonko a été élu ce mardi président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Une victoire écrasante du leader du PASTEF, obtenue dans un climat politique sous haute tension marqué par le boycott de l’opposition.
Le leader du parti PASTEF, Ousmane Sonko, a été élu président de l’Assemblée nationale sénégalaise à l’issue du scrutin organisé ce mardi à l’hémicycle.
L’ancien Premier ministre a recueilli 132 voix, avec une seule abstention et aucun bulletin nul, confirmant ainsi la domination de sa majorité au sein du Parlement sénégalais.
Cette élection intervient après la démission du précédent président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye.
Une séance sous forte tension politique
Le scrutin s’est déroulé dans une atmosphère particulièrement électrique. Quelques minutes avant le vote, Ousmane Sonko avait été réintégré sur les bancs de l’Assemblée nationale, un retour vivement contesté par plusieurs groupes parlementaires de l’opposition.
Les députés des groupes Takku-Wallu ainsi que plusieurs non-inscrits ont quitté l’hémicycle lors de l’appel nominal, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une démarche à caractère politique.
Ce boycott n’a toutefois pas empêché le camp présidentiel de faire passer son candidat avec une confortable majorité.
Sonko à la tête de l’institution parlementaire
Avec cette élection, Ousmane Sonko ouvre une nouvelle séquence de sa carrière politique en prenant la tête de l’institution parlementaire sénégalaise.
Figure centrale de la vie politique du pays ces dernières années, l’ancien opposant devient désormais le patron du pouvoir législatif dans un contexte où son camp consolide progressivement son emprise sur les principales institutions de l’État.
Le nouveau président de l’Assemblée nationale doit être officiellement installé dans ses fonctions dans les prochaines heures.
« Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel, pour créer une crise institutionnelle ou des problèmes au président de la République. Aucun député avec moi n’utilisera cette institution pour une vendetta personnelle », a déclaré M. Sonko, en langue wolof, après son installation au perchoir de l’Assemblée nationale.
Mais, a-t-il ajouté, « l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle usera de manière responsable de tous les leviers de contre-pouvoirs. Nous voterons les lois conformes à l’intérêt général et rejetterons celles qui ne le sont pas ».
Cela étant, l’ex-chef de gouvernement a félicité son successeur Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô nommé lundi par le président Faye qui l’a chargé ensuite, selon M. Lô, de former un gouvernement « dans les plus brefs délais.»
Il a reconnu en son successeur des qualités malgré « leurs divergences sur le franc CFA et la gestion de la dette », 132% du PIB, un de ses points de désaccord avec le chef de l’Etat.
Il a en outre estimé que « dans toutes les démocraties, l’exécutif ne peut pas nommer un gouvernement sans se concerter avec la majorité. C’est la majorité à l’Assemblée nationale qui doit gouverner.»
Aussi, selon lui, « avant de nommer un Premier ministre, le président (de la République) devait en discuter avec la majorité dans le pouvoir et dans l’opposition. »
Les députés de l’opposition ont boycotté la séance mardi. Un «coup d’Etat institutionnel» est en préparation avec ce «forcing que la majorité veut imposer», a dénoncé lundi la cheffe des députés de la principale coalition de l’opposition, Aïssata Tall Sall.
Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, Sonko avait désigné son bras droit, M. Faye, pour le remplacer dans la course mais des divergences sont apparues entre eux.





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