Afrique du Sud, Namibie, Gabon, Libye… Le classement africain de l’intelligence artificielle révèle une adoption de plus en plus rapide des outils comme ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot. Mais derrière cette montée en puissance, le continent reste confronté à un défi majeur : éviter que la révolution de l’IA n’accentue davantage les inégalités avec les pays développés.
L’Afrique du Sud confirme son statut de locomotive africaine de l’intelligence artificielle générative. Selon le rapport «Global AI Diffusion – Q1 2026 Trends and Insights », publié le 1er mai 2026 par Microsoft, 23,1 % des Sud-Africains âgés de 15 à 64 ans ont utilisé une solution d’IA générative durant le premier trimestre 2026, contre 19,3 % un an auparavant.
L’étude, fondée sur des données télémétriques agrégées et anonymisées collectées par le géant américain de la technologie, mesure l’usage des outils de GenAI à l’échelle mondiale entre le 1er janvier et le 31 mars 2026. Les données ont été ajustées selon plusieurs paramètres, notamment la pénétration d’Internet, la part de marché des appareils connectés et la population nationale.
Namibie, Gabon et Libye dans le peloton de tête
Derrière l’Afrique du Sud, la Namibie s’impose comme la deuxième nation africaine la plus engagée dans l’usage de l’IA générative avec un taux de 15,1 %.
La Libye et le Gabon suivent de très près, ex aequo avec 15 % d’utilisateurs, devant l’Égypte et le Botswana (14,8 %). Le Sénégal figure également parmi les marchés africains les plus dynamiques avec un taux d’adoption de 13,9 %, juste devant la Tunisie (13,5 %) et l’Algérie (13,2 %).
La Zambie et la Côte d’Ivoire ferment le Top 10 continental avec un taux d’utilisation identique de 13,1 %.
Ces chiffres traduisent une diffusion accélérée des outils d’IA générative sur le continent, portée par la démocratisation des smartphones, l’essor des usages numériques et l’intérêt croissant des jeunes populations pour les technologies conversationnelles et de productivité.
Les Émirats arabes unis dominent largement le monde
À l’échelle mondiale, l’usage de l’IA générative poursuit sa progression. Le taux moyen d’utilisation est passé de 15,1 % au premier trimestre 2025 à 17,8 % un an plus tard.
Les Émirats arabes unis demeurent de loin le champion mondial de la GenAI : 70,1% de leur population âgée de 15 à 64 ans utilise désormais ces technologies. Singapour suit avec 63,4 %, devant la Norvège (48,6 %), l’Irlande (48,4 %) et la France (47,8 %).
Cette forte adoption s’explique notamment par des infrastructures numériques avancées, des politiques publiques volontaristes et une large disponibilité des compétences technologiques.
Un fossé numérique qui inquiète
Le rapport de Microsoft met toutefois en garde contre un élargissement des écarts entre pays développés et pays en développement.
Dans les pays du Nord, le taux moyen d’utilisation de l’IA générative a atteint 27,5 % au premier trimestre 2026, soit une hausse de 2,8 points par rapport au second semestre 2025. Dans les pays du Sud, la moyenne s’établit à seulement 15,4%, avec une progression limitée à 1,3 point.
Pour Microsoft, cette fracture reflète des défis structurels persistants : accès insuffisant à une électricité fiable, couverture Internet inégale, faiblesse des infrastructures numériques et déficit de compétences technologiques.
Le rapport avertit que sans investissements massifs dans ces domaines, l’intelligence artificielle risque de renforcer les déséquilibres économiques mondiaux au lieu de les réduire.











