La crise politique née de la victoire contestée de Daniel Chapo à la présidentielle, candidat du Frelimo, le parti « marxiste » au pouvoir depuis l’Indépendance, est en train de menacer gravement l’approvisionnement en gaz de l’Afrique du Sud, fragilisant son secteur industriel et énergétique fortement dépendant des importations du Mozambique. Le soutien aveugle de l’ANC aux «camarades» mozambicains, risque de coûter très cher à l’économie sud-africaine
Les premiers effets collatéraux de la crise politique actuelle à Maputo, sont déjà visibles. Les manifestations violentes, les affrontements meurtriers et les actes de sabotage ont contraint le géant pétrochimique sud-africain Sasol à réduire la production sur ses sites mozambicains de Pande et Temane. Selon les explications de son management, «cette réduction vise à protéger la sécurité du personnel et des installations dans un contexte de violence croissante, mais elle entraîne des perturbations majeures dans la chaîne d’approvisionnement en gaz, en Afrique du Sud.»
L’Afrique du Sud dépend à plus de 90 % des importations de gaz en provenance du Mozambique. Ce gaz est acheminé via le pipeline ROMPCO, une ligne de 869 kilomètres reliant les champs gaziers de Pande et Temane à l’usine de Sasol en Afrique du Sud. Le gazoduc alimente des infrastructures stratégiques, notamment deux centrales électriques, l’une de 140 MW à Sasolburg et l’autre de 280 MW à Secunda, qui jouent un rôle clé dans la production industrielle et énergétique du pays.
La réduction de la production de Sasol a déjà commencé à affecter ces installations, limitant leur capacité à répondre à la demande énergétique croissante, alors même que l’Afrique du Sud lutte actuellement pour stabiliser un réseau électrique vétuste.
Ces perturbations impactent directement les grands consommateurs industriels, comme ArcelorMittal, principal fabricant d’acier d’Afrique du Sud. L’incertitude autour de l’approvisionnement menace de paralyser ses activités et celles d’autres acteurs industriels, augmentant les risques d’arrêts de production et de pertes économiques significatives.
La crise ne se limite pas à l’Afrique du Sud. D’autres pays de la région, comme la Zambie, qui dépendent des infrastructures énergétiques du Mozambique, commencent également à ressentir les effets de la réduction de la production et des perturbations des flux gaziers. La fermeture temporaire de la principale frontière terrestre entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, en raison des manifestations, aggrave encore la situation en isolant encore plus les économies de la région.





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