C’est une nouvelle séquence de la crise politique qui secoue ce pays. Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a limogé mercredi 12 novembre, Benjamin Bol Mel de ses fonctions de vice-président et de numéro deux du parti au pouvoir, selon un décret lu à la télévision nationale, rapporte Reuters.
Cette rupture fracassante entre les deux hommes semble avoir surpris les analystes politiques à Juba tant leurs liens étaient si forts que le vice-président limogé était pressenti comme le successeur préféré de Salva Kiir à la tête de l’Etat. Le chef de l’Etat du Soudan du Sud a également limogé le gouverneur de la banque centrale et le directeur de l’Autorité fiscale (l’équivalent de la direction générale des Impôts), tous deux considérés comme proches de Bol Mel.
Ces mouvements s’ajoutent à un renouvellement incessant des cadres supérieurs du gouvernement à un moment où les questions sur la succession de Salva Kiir se multiplient et où l’on redoute un retour à la guerre civile.
Bol Mel, a subi l’humiliation d’être rétrogradé du grade de général
Le Soudan du Sud, le « plus jeune pays du monde,» a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, mais a rapidement sombré dans une guerre civile qui a fait environ 400.000 morts entre 2013 et 2018.
Le décret du président de la République n’a fourni aucune explication sur les motifs de ce qui ressemble à une «purge.» La seule certitude est que ces licenciements font suite à des spéculations dans la capitale (Juba) après que le dispositif de sécurité devant la résidence de Bol Mel a été levé. Le désormais ancien vice-président, Bol Mel, a subi l’humiliation d’être rétrogradé du grade de général auquel il l’avait promu il y a deux mois seulement.
Bol Mel est sous sanctions américaines pour corruption présumée depuis 2017, et un rapport de l’ONU publié en septembre accuse des entreprises qui lui sont affiliées d’avoir reçu 1,7 milliard de dollars pour des travaux de construction des routes qui n’ont jamais été réalisés. L’intéressé n’a jamais répondu aux accusations de corruption portées contre lui. Son accession à la vice-présidence et son statut informel de successeur désigné du président Salva Kiir ont suscité la grogne des élites politiques et sécuritaires de Juba.
La situation politique au Soudan du Sud est extrêmement tendue et incertaine. Les élections prévues en 2024 ont été reportées sine die, et le premier vice-président Riek Machar, principal rival de Kiir pendant la guerre civile, a été arrêté en mars dernier puis inculpé de trahison.

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