Washington entrouvre la porte à un financement de 414,2 millions de dollars pour le projet d’uranium Dasa, porté au Niger par le Canadien Global Atomic. Mais derrière cette annonce se cache une équation autrement plus complexe : avant de voir le premier dollar décaissé, la compagnie devra encore lever plusieurs obstacles réglementaires, diplomatiques et logistiques.
Le conseil d’administration de la Development Finance Corporation (DFC), l’agence fédérale américaine chargée de financer des projets stratégiques à l’étranger, a approuvé le 16 septembre une facilité de dette pouvant atteindre 414,20 millions de dollars au bénéfice de Dasa. Une étape importante pour Global Atomic, qui cherche depuis plusieurs années à réunir les capitaux nécessaires au lancement de la construction de sa mine d’uranium dans le nord du Niger.
Le feu vert américain ne vaut toutefois pas décaissement. La compagnie devra d’abord satisfaire une série de conditions suspensives et finaliser la documentation avec la DFC. Autrement dit, le financement existe désormais sur le papier, mais son passage dans les comptes de Global Atomic reste encore à sécuriser.
L’enjeu est considérable. Selon les projections de l’entreprise, Dasa pourrait produire 68,10 millions de livres d’U₃O₈ sur une durée de vie estimée à vingt-trois ans. Mais le calendrier du projet a déjà été repoussé à plusieurs reprises, principalement en raison des difficultés rencontrées pour réunir les fonds nécessaires à sa construction. La production commerciale est désormais annoncée pour le second semestre 2028.
Les exigences américaines
L’annonce de la DFC permet surtout de préciser les contours d’un financement dont Global Atomic évoquait encore récemment l’existence sans dévoiler le nom du prêteur. En août, la société parlait simplement d’une « banque de développement américaine ». Le voile est désormais levé.
Mais Washington pose ses conditions. Global Atomic devra notamment démontrer l’existence d’une solution viable pour exporter le concentré d’uranium produit à Dasa. La compagnie devra également obtenir la prolongation de sa convention minière et de son permis d’exploitation, ainsi que des garanties jugées suffisantes concernant les autorisations nécessaires au remboursement du prêt.
Autre point sensible : la négociation d’un accord direct avec le gouvernement nigérien. Un passage obligé dans un pays où le cadre minier et les relations entre autorités et opérateurs étrangers ont connu d’importantes évolutions ces dernières années.

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