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La justice française s’est officiellement saisie du dossier concernant le mouvement non autorisé de stocks d’uranium au Niger. L’enquête, pilotée par les magistrats spécialisés en criminalité financière et sécurité nationale, porte sur des soupçons de vol en bande organisée, possiblement réalisé pour le compte d’un État tiers. Fait notable : la plainte déposée par le géant nucléaire français Orano remonte au 18 août 2024.

L’affaire de l’uranium du Nord-Niger prend une dimension judiciaire internationale. Le parquet de Paris a lancé une procédure pour «vol en bande organisée» suite à l’évaporation suspecte de centaines de tonnes de concentré d’uranium sur le site d’Arlit. Entre contentieux industriel, souveraineté nationale et basculement géopolitique, ce dossier cristallise les tensions extrêmes entre le groupe français Orano et les autorités de Niamey. Détails.

À Arlit, au cœur du désert nigérien, une catastrophe radioactive longtemps redoutée semble éclater au grand jour. La découverte de centaines de tonneaux contaminés et de millions de tonnes de déchets toxiques relance les accusations visant Orano, ex-Areva, et ravive les inquiétudes pour la santé de près de 100 000 habitants exposés depuis des décennies.

Cette décision est une escalade du conflit entre les militaires au pouvoir à Niamey et le groupe français suite à la dégradation des relations entre la France et le Niger après un coup d'Etat militaire en juillet 2023. Le communiqué publié par la junte au pouvoir énumère une série de griefs, entre autres, l’expiration du dernier accord minier en décembre 2023.

Les autorités nigériennes ont annoncé l’intention de nationaliser la co-entreprise d'uranium Somair exploitée par la société française de combustibles nucléaires Orano, dans un communiqué lu jeudi soir(ndlr : 19 juin) sur les antennes de la télévision nationale

L’industriel français Orano a annoncé mercredi 23 octobre la suspension de sa production d’uranium à compter de la fin du mois d’octobre. La société explique cette décision par « l’aggravation des difficultés financières de la Somaïr », sa filiale locale dédiée à l’exploitation de la seule mine d’uranium au Niger.

Le groupe français Orano, anciennement Areva, n’a pas exporté la moindre tonne d’uranium au Niger à cause de la fermeture des frontières avec le Bénin. Le groupe suspend l’exploitation de la seule mine du pays, après avoir déjà perdu en juin dernier les droits d’exploiter un autre gisement d’uranium, celui d’Imouraren. Les militaires au pouvoir veulent le pousser à la sortie.

Comme AFRIMAG l’a rapporté à plusieurs reprises dans ses colonnes, la décision de la junte nigérienne était prévisible. Le pouvoir militaire à Niamey a révoqué le permis d’exploitation du gisement d’uranium détenu par le groupe français Orano (ex-Areva) dont le tort est sans doute sa nationalité.

A rappeler qu’Orano exploite actuellement Somaïr, la seule mine en activité du pays, permettant au Niger d’assurer 4 % de la production mondiale d’uranium en 2022. Grâce à cette mine, Orano assure environ 15 % des besoins français en uranium.

Comme AFRIMAG l’avait rapporté dans ses colonnes, le groupe français Orano (l’ex-Areva) a annoncé reprendre le développement du gisement d’uranium d’Imouraren au Niger après près de 10 ans de suspension. Mais cette relance des activités se heurterait à l’opposition de militaires au pouvoir à Niamey, qui pourraient aller jusqu’à retirer le projet au groupe français

Orano est actuellement le seul producteur d’uranium du Niger, positionnant le pays à la 7ème place mondiale des fournisseurs du combustible nucléaire. Outre les compagnies canadiennes GoviEx Uranium et Global Atomic qui développent d’importants projets d’uranium, le Niger compte aussi la présence de la China National Nuclear Corporation dans ce secteur.

Le groupe français Orano, anciennement Areva, exploite la seule mine d’uranium en activité au Niger, fournissant jusqu’à 17 % des besoins d’uranium de l’Hexagone. Alors que le putsch de juillet 2023 a considérablement dégradé les relations entre Paris et Niamey, l’équipe en transition au pouvoir serait en train de préparer le terrain pour le russe Rosatom, révèle l’agence Bloomberg