La Commission nigériane de lutte contre les crimes économiques et financiers (EFCC) a frappé un grand coup en récupérant 500 millions de dollars d’actifs financiers et de biens issus de la corruption, indique son rapport d’activité de 2024. C’est un montant record depuis la création de l’agence il y a vingt-deux ans
Le gendarme anti-corruption révèle avoir obtenu plus de 4.100 condamnations pénales, ce qui renseigne sur la persistance de ce fléau dans ce pays gangréné par une corruption endémique qui freine son développement.
De l’immobilier de luxe aux devises sonnantes
En plus de l’argent liquide, le tableau de chasse de la Commission de lutte contre les crimes économiques et financiers comprend 750 appartements duplex haut standing, 173 véhicules, des cryptomonnaies, une usine, un hôtel, 14 terrains, 931.000 tonnes de produits pétroliers ainsi que 70 tonnes de minéraux. La Commission anti-corruption a indiqué que les infractions les plus fréquentes concernaient la fraude à l’avance de frais, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité. Au total, elle a reçu 15.724 plaintes pour des crimes financiers et a ouvert 12.928 enquêtes qui ont débouché sur 5.083 procès.
Selon les autorités nigérianes, une partie des fonds récupérés a été réinvestie par le gouvernement fédéral. Parmi ces opérations, figure un apport de 50 milliards de nairas (32,6 millions de dollars) au Nigerian Education Loan Fund, un programme lancé en 2024 pour accorder des prêts sans intérêt aux étudiants. D’autres fonds ont été alloués à des projets d’infrastructures, notamment la rénovation et l’entretien des routes, des hôpitaux et du réseau électrique.
Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, est confronté depuis des décennies à une corruption endémique. Le pays était classé à la 140ᵉ place sur 180 dans le dernier indice de perception de la corruption publié par Transparency International.





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