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Le Groupe Egmont organise l’échange sécurisé d’informations entre les cellules de renseignement financier, sur demande ou de manière spontanée, lorsque des virements internationaux sont considérés comme suspects. Pour la CENAREF, l’accès à ce dispositif lui permet de solliciter directement ses homologues étrangers afin de suivre des transferts complexes. Il s’agit par exemple des capitaux partis de Kinshasa vers Dubaï, considérée comme une « machine à laver » mondiale, puis réorientés vers un compte bancaire en Europe.

La Cellule nationale des Renseignements financiers (CENAREF) a officiellement intégré le Groupe Egmont, un réseau international réunissant les cellules de renseignement financier de 170 pays. C’est un communiqué du ministère des Finances qui a annoncé l’adhésion de Kinshasa à  l’« Interpol» de lutte contre le blanchiment d’argent sale.

De l'autre, la Task force sur la dette publique, a documenté depuis six ans un système de surfacturations et de travaux fictifs qui explique en partie l’explosion de la dette intérieure, celle-ci ayant été  multipliée par sept entre 2020 et 2023 !

L’échéance des livrables de deux audits sur les finances publiques arrive à grande vitesse et fait trembler tout Libreville en cette mi-juillet. D'un côté, le Comité d'audit et de consolidation des passifs exigibles de l'Etat, lancé le 17 juin dernier par le ministre de l'Economie Thierry Minko, doit livrer ses conclusions la semaine prochaine sur un stock de dette publique que les autorités elles-mêmes évaluent à environ 8.700 milliards FCFA, soit entre 70 et 74 % du PIB.

Ces informations révélées par le Directeur général de la Sonamines, Serge Hervé Boyogueno,  sur les antennes de la télévision publique le 25 mai dernier, font froid dans le dos et ont choqué l’opinion. Le plus grave est que la Sonamines avait alerté les autorités dès 2022, après l'exploitation des conclusions d'un rapport d'Interpol consacré à l'orpaillage illégal et aux réseaux de commercialisation clandestins en Afrique subsaharienne.

Selon les données révélées par la Société nationale des mines (Sonamines), 44 tonnes d'or ont été tracées à Dubaï entre 2021 et 2025 comme provenant du Cameroun, alors que les exportations officiellement déclarées ne totalisent que 148 kg (oui, vous avez bien lu) au cours de la même période. Ces exportations du métal jaune qui échappent à l’Etat sont évaluées à 3,4 milliards de dollars.

La Haute Cour fédérale a déclaré coupable l’ex-ministre des 12 chefs d'accusation qui étaient reprochés. La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) l’avait accusé d'avoir blanchi 33,8 milliards de nairas par le biais de sociétés privées, des fonds qui, selon le procureur, provenaient d'activités illégales liées à des projets hydro-électriques financés par le gouvernement, notamment les centrales de Mambilla et de Zungeru.

Un tribunal fédéral à Abuja a frappé très fort en condamnant mercredi 13 mai, l'ancien ministre de l'Energie, Saleh Mamman en fuite à l’étranger, probablement aux Etats-Unis, à 75 ans de prison après l'avoir reconnu coupable de blanchiment de 33,8 milliards de nairas (24,71 millions de dollars), a indiqué la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans un communiqué.

Cette initiative vise surtout à clarifier la destination effective des fonds empruntés sous le régime d’Ali Bongo au moment où les soupçons de détournements et gabegie mettent à mal la crédibilité du pays auprès des créanciers et des investisseurs internationaux.

Dans l’initiative de Libreville, le parallèle avec ce qui a été fait au Sénégal est inévitable malgré la différence des périmètres. En effet, le gouvernement gabonais a annoncé la création d'une commission spéciale dédiée à l'audit intégral de la dette publique. Cet audit s'étalera sur deux à trois mois et passera au crible la totalité des engagements financiers contractés par le Trésor entre 2016 et 2023. En gros, durant le dernier « septennat » de la dynastie Bongo.