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Nigéria : La chute du pétrole fait trébucher Ngozi

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Ngozi Okonjo-Iweala, la ministre des Finances nigériane a toujours été une partisane de la diversification de l’économe de son pays, notamment du temps où elle était Directrice générale de la Banque Mondiale. Aujourd’hui, la baisse des cours du pétrole lui donne raison. Elle doit emprunter 2 milliards de dollars pour équilibrer son budget.

Ngozi Okonjo-iweala, ministre des Finances du Nigeria

Ngozi Okonjo-iweala, ministre des Finances du Nigeria

Avec la chute drastique des cours du pétrole, le Nigéria ne fait pas partie des pays qui s’en réjouissent. Depuis quelques mois, dans un contexte d’élections et de lutte contre la Secte Boko Haram au Nord, les finances publiques du pays sont sous pression. Du coup, le Trésor public nigérian devrait emprunter 2 milliards de dollars, correspondant au déficit résultant de la baisse des recettes fiscales et des revenus liés aux hydrocarbures. La Banque africaine de développement et la Banque mondiale pourraient ainsi être sollicitées, selon Ngozi Okonjo-Iweala, la ministre de l’Economie et des finances nigériane, qu s’exprimait devant des medias nationaux. Néanmoins, ce sera au Parlement d’entériner la décision.

Conditions avantageuses

Les conditions de l’emprunt restent à définir mais, le pays espère obtenir un taux d’intérêt entre 3% et 4%, a précisé Ngozi Okonjo-Iweala. Le prêt devrait porter sur un échéancier s’étalant sur 25 ans, avec une franchise de 5 ans. Ce ne sont pas des conditions que la ministre des Finances, par ailleurs ancienne Directrice générale de la Banque mondiale, devrait difficilement obtenir.

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Quoi qu’il en soit, la chute des cours du pétrole, qui sont passés de 110 dollars en juillet 2014 à une moyenne inférieure à 50 dollars aujourd’hui, a mis en lumière la faiblesse des finances publiques nigérianes trop dépendantes de l’or noir. 70% des recettes de l’Etat fédéral proviennent de la fiscalité sur les hydrocarbures et des revenus en tant qu’actionnaire des compagnies. Même si le pays est le premier producteur africain de pétrole, son économie s’est diversifiée, notamment dans des secteurs comme les services, l’industrie cinématographique…

Une folle expansion de son économie

«Le géant ouest-africain a enregistré une expansion impressionnante au cours de la dernière décennie, avec une croissance record de son produit intérieur brut (PIB) estimée à 7.4 % en 2013, contre 6.7 % en 2012», souligne la Banque africaine de développement dans l’étude consacrée au pays. Et d’ajouter : «Ce rythme de croissance est supérieur à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest et beaucoup plus élevé qu’en Afrique subsaharienne». La banque précise justement que «l’économie nigériane reste soutenue par l’évolution favorable du secteur non pétrolier avec une croissance réelle du PIB de 5,4%, 8,3 % et 7,8 % en 2011, 2012 et 2013 respectivement». L’agriculture, le commerce et les services sont toujours les principaux moteurs de la croissance du secteur non pétrolier. Néanmoins, à l’image de beaucoup de pays africains, le secteur informel est prédominant, ce qui limite considérablement la part des recettes fiscales dans les revenus du Trésor public. De plus, malgré un secteur agricole en très bonne santé, l’industrie agroalimentaire n’a toujours pas pris ses marques. On reproche également au pays ses disparités et le manque de partage des fruits de la croissance. Les inégalités entre riches et pauvres sont de plus en plus importantes. Ce sont autant de faiblesses qui ne permettent pas d’asseoir une économie solide qui profite aux 170 millions de Nigérians et qui éviteraient au pays d’être sous perfusion chaque fois que les prix du pétrole chutent.

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