Les jeux étaient quasiment faits avant le vote à bulletins secrets lors de l’Assemblée mondiale qui se tenait mardi 24 mai à Genève, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus étant le seul candidat en lice.
Premier Africain à la tête de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, 57 ans, conserve donc son poste pour un second mandat de cinq ans.
Spécialiste du paludisme, diplômé en immunologie et docteur en santé communautaire, le Dr. Tedros, comme il aime à se faire appeler, a été ministre de la Santé et chef de la diplomatie de son pays. Son visage a été rendu familier dans le monde entier par la lutte contre la pandémie du Covid-19. Celui qui se pose en homme de paix a été marqué par une enfance plongée dans la guerre mais aussi les conflits en Ukraine, au Yémen, en Syrie et en Éthiopie au cours de son premier mandat, relève l’AFP dans un portrait consacré au patron de l’OMS. Ces cicatrices sont autant de souffrances qu’il a lui-même endurées. «Je suis un enfant de la guerre», avait-il lancé, très ému, à l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la santé.
Chaleureux, le Dr. Tedros est très apprécié, en particulier des Africains, pour avoir permis que le regard de la communauté internationale, notamment pendant la pandémie, se tourne davantage vers ce continent. C’est de son propre pays qu’est venue la principale critique, Addis Abeba l’accusant d’avoir «abusé de ses fonctions» après ses commentaires sur la situation humanitaire dans le Tigré. L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, qui a remis les Etats-Unis dans le giron de l’OMS, lui a offert un second souffle, alors qu’il était attaqué sans cesse par Donald Trump, lequel avait coupé les vivres à l’organisation qu’il accusait de mal gérer la pandémie de Covid-19 et d’être sous influence
de la Chine. Le ton plus critique du Dr Tedros envers la Chine, qu’il estime « ne pas être assez transparente sur l’origine de la pandémie », lui a valu quelques réprimandes de Pékin, qui a quand même soutenu sa reconduction. Après un premier mandat marqué par le Covid-19, qui a mis à nu les défaillances de l’OMS et du système sanitaire mondial, le Dr Tedros va devoir remporter le pari du renforcement de l’agence onusienne pour notamment mieux prévenir et gérer les futures épidémies. On lui souhaite bonne chance.


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Éthiopie

