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Performances logistiques : Les pays francophones en retard

Si les pays d’Afrique australe et de l’est sont les premiers du continent en matière de logistique, ceux d’Afrique de l’ouest arrivent bons derniers.

Voilà un autre classement qui ne fera pas que des heureux et qui risque de faire l’objet de beaucoup de critiques.

Port de DakarEn effet, la Banque mondiale vient de publier, ce 28 juin 2016, son rapport sur l’état de la logistique dans le monde, dans lequel l’Afrique figure en bonne place. Mais les premiers ne sont certainement pas ceux que l’on pense.

Devant l’Italie, l’Espagne, la Chine

Outre l’Afrique du Sud, première sur le continent et vingtième mondiale, beaucoup de pays pourraient refuser la place qu’on leur attribue. En effet, le géant de l’Afrique australe, s’adjuge une note de 3,78 sur 5, devançant ainsi à l’échelle mondiale, des pays comme l’Italie (21e), l’Espagne (23e), Israël (28e), la Chine (27e), le Qatar (30e)ou encore la Turquie (34e). 

L’économie la plus industrialisée du continent doit cette place aux performances de la chaîne logistique, mais aussi à l’efficacité des procédures douanières, à la qualité des infrastructures et au respect des délais de livraison. En effet, ce sont les quatre critères sur lesquels tous les 160 pays du classement sont jugés.

L’Afrique de l’Est bien représentée

Toujours sur le continent, c’est le Kenya (42e mondial) qui arrivent derrière l’Afrique du Sud. C’est donc à un pays d’Afrique de l’est, qui plus est anglophone, que les enquêteurs de la Banque mondiale placent sur le podium. Il convient de rappeler que les pays obtiennent leur note grâce à une enquête réalisée auprès de 1000 professionnels du commerce international à savoir des transporteurs et des transitaires. A cela s’ajoutent des données quantitatives sur la performance des principales composantes des chaînes d’approvisionnement (délais, coûts, procédures à l’importation et à l’exportation…).

Après le Sud et l’est du continent, l’Égypte est le premier pays d’Afrique du nord à figurer sur ce classement complétant ainsi le podium africain. Elle arrive à la 49e place mondiale. Il y a ensuite le Botswana (57e), l’Ouganda (58e), la Tanzanie (61e), le Rwanda (62e), l’Algérie (75e), la Namibie (79e).

Un rapport qui interpelle

Il faut aller à la dixième position pour enfin voir un pays francophone d’Afrique subsaharienne. C’est pourquoi un tel rapport interpelle. En effet, comment l’Afrique de l’est et l’Afrique australe, les anciennes colonies anglaises, et actuels membres du Commonwealth, parviennent-ils à occuper les premières positions de tous les classements? Alors qu’au même moment, les pays liés à la France par leur histoire, leur économie et bien sûr par leurs monnaies le Franc CFA ne parviennent toujours pas à tirer leur épingle du jeu?

Par exemple, le Sénégal dont le nom est si bien connu n’occupe que la 30e place du continent ne devançant que 16 autres pays classés. Le géant ivoirien qui est le fleuron du pavillon Uemoa, quant à elle, occupe la seizième place sur le continent, faisant nettement mieux que le pays de la Teranga. Même le Togo (15e africain), le Niger (18e), le Mali (21e) font nettement mieux que le Sénégal.

Remise en question

En tout cas, cet énième rapport doit donner lieu, une nouvelle fois, à une remise en question des pays francophones. Leur système douanier est souvent très procédural, les infrastructures portuaires notamment sont dans un état qui ne correspondant pas au développement récent du commerce international. Par exemple, il n’existe aucun port autorisant le transbordement dans la zone d’Afrique de l’ouest et du centre. C’est pourquoi les délais s’allongent pour l’acheminement de certaines marchandises vers les pays destinataires. De même, le réseau routier également ne satisfait pas les attentes des opérateurs économiques. Alors que le réseau autoroutier est dans un état embryonnaire. C’est pourquoi les notes obtenues par les pays francophones tournent autour de 2,5 sur 5. La plupart d’entre eux ne parviennent même pas à décrocher une moyenne dans aucun des critères d’évaluation de la Banque mondiale.

Commerce international Groupe Banque mondiale Logistique Transports

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