Tous les articles qui parlent de Romuald Wadagni - Page 3

Dans l’administration, la consigne était claire : retour au travail. Les ministères du centre-ville ont ouvert à l’heure habituelle, les agents se sont présentés comme un lundi normal, les réunions programmées ont été maintenues. Les établissements scolaires ont eux aussi assuré la continuité. Dans les écoles primaires de quartiers comme Akpakpa ou Saint-Michel, la cloche a sonné comme d’ordinaire. Les lycées et universités ont maintenu examens et contrôles, élément clé pour des familles qui redoutent toujours les retards de calendrier scolaire.

Lundi matin, peu après 7 heures, la circulation était déjà dense sur l’axe Godomey-Cotonou. En moins de vingt-quatre heures, la capitale économique du Bénin a repris le visage d’une ville ordinaire, loin des images de coups de feu et de prise de contrôle de la télévision nationale qui ont marqué la matinée de dimanche avant que l’ordre soit rapidement de retour.

Dès le début de son discours, le ministre de l’Économie et des Finances a donné le ton :«cette investiture n’est pas seulement celle d’un homme, d’une femme ou d’un camp politique. Elle est un moment qui appartient à toute la Nation béninoise.

À Parakou, la cérémonie d’investiture du duo présidentiel a pris la forme d’un moment d’unité nationale. Entouré des principaux responsables de la mouvance, Romuald Wadagni a été présenté comme le candidat du rassemblement, à la fois héritier d’une vision et symbole d’une nouvelle génération qui place le collectif au cœur de l’action publique

Le Bénin veut montrer qu’il n’est plus seulement candidat aux financements internationaux mais capable de mettre en place des outils lisibles, comparables et crédibles pour transformer ses ambitions climatiques en projets bancables. Dans un contexte où l’accès au capital dépend de plus en plus de la capacité à prouver l’impact, la démarche illustre un repositionnement stratégique. Ce choix intervient à un moment charnière : l’Afrique fait face à un besoin massif de financement climatique, estimé par la Banque africaine de développement à plus de 250 milliards de dollars par an d’ici 2030. En adoptant un cadre aligné sur les meilleures pratiques internationales, Cotonou cherche à se différencier et à se placer dans la même ligue que les pionniers régionaux comme le Nigeria ou l’Égypte.

Cap sur la finance verte. En s’alignant sur les référentiels ICMA/LMA 2025 (référentiels internationaux qui fixent les bonnes pratiques des obligations et prêts verts) et en obtenant une opinion indépendante de Sustainable Fitch jugée «Bon,» dont quatre piliers sont classés «Excellents,» le Bénin envoie un signal fort aux investisseurs

Wadagni, 48 ans, s’est imposé par ses résultats. Ministre de l’Économie et des Finances depuis 2016, il a fait entrer le Bénin dans le cercle restreint des économies africaines les plus dynamiques. En 2024, la croissance a atteint 7,5 %, avec un quatrième trimestre à 9,2 %. Selon le FMI, le pays figure désormais dans le Top 20 mondial, preuve de sa résilience et de la solidité des réformes. Le déficit public, ramené sous les 3 % du PIB, place le Bénin parmi les modèles de discipline budgétaire en Afrique de l’Ouest.

La majorité présidentielle a trouvé sa formule : un ticket gagnant qui conjugue stabilité, modernité et unité nationale. En présentant Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata pour l’élection de 2026, elle propose non seulement une continuité assumée, mais aussi une candidature capable de rallier largement au-delà de ses propres rangs

Ce dynamisme s’est ressenti dans tous les secteurs d’activités. Le secteur primaire enregistre une croissance de 6,2% après 5,9% un trimestre plus tôt, tandis que celle du secteur secondaire, s’est établie à 13,9%. Quant au secteur tertiaire, il a été marqué par une croissance de 9,6% au dernier trimestre de 2024 après 7,7% au trimestre précédent. La performance de l’économie a été essentiellement portée par le secteur tertiaire avec une contribution à la croissance PIB réel de 4,2 points de pourcentage contre 1,9% pour le secteur primaire et 2,3 % pour le secondaire.

L’économie béninoise a enregistré une forte croissance de 9,2% du dernier trimestre 2024, après 6,3%, 6,6% et 7,3% respectivement aux premier, deuxième et troisième trimestres. Il s’agit de la meilleure performance dans la sous-région, indique l’Institut national des statistiques économiques et démographiques dans son dernier bulletin publié le 28 mars. Sur l’ensemble de l’année 2024, la croissance du PIB réel est estimée à 7,5%, soit 1,1 point de plus que l’année précédente