Luanda a accueilli, les 29 et 30 août, la 21e session extraordinaire de la Conférence de l’Union africaine (UA), entièrement consacrée au renforcement des mécanismes continentaux de prévention et de résolution des conflits. À la clôture des travaux, dimanche 30 août, les chefs d’État et de gouvernement ont lancé un appel pressant à renforcer les contributions au Fonds de la paix, l’instrument censé donner au continent les moyens financiers de gérer ses crises sans attendre les bailleurs extérieurs.
Un sommet voulu par le président angolais João Lourenço, « champion de l’UA pour la paix et la réconciliation » depuis 2022, dans un pays qui multiplie les initiatives de médiation, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo.
Des 400 millions de dollars aux opérations de paix : le compte n’y est pas
C’est l’un des rares chiffres solides du dossier. Mi-2025, le Fonds de la paix de l’UA avait dépassé son objectif initial de dotation de 400 millions de dollars. Pourtant, le financement prévisible des opérations de soutien à la paix reste le talon d’Achille de l’organisation : la part des États membres dans le financement des missions peine à décoller, et l’UA dépend encore largement des partenaires extérieurs pour agir sur le terrain. D’où l’insistance de la Déclaration de Luanda, lue par le président en exercice de l’Union, le Burundais Évariste Ndayishimiye : les États membres sont invités à passer « des engagements politiques aux actions concrètes et mesurables. » La dépendance aux financements extérieurs, reconnaissent les dirigeants eux-mêmes, a longtemps limité la capacité de l’organisation à répondre aux crises du continent.
L’impact négatif des déclarations sans suite
Le diagnostic, lui, n’est plus à faire. Terrorisme et extrémisme violent, changements anticonstitutionnels de gouvernement, cybermenaces, rivalités géopolitiques : la liste des facteurs d’instabilité dressée à Luanda est connue. Le vrai défi est ailleurs. Selon l’Institute for Security Studies (ISS), cercle de réflexion sud-africain, les 18 sommets extraordinaires organisés depuis 2004 ont « produit des déclarations plus souvent que des résultats. »Pour éviter que Luanda n’allonge la série, la Déclaration insiste sur la redevabilité au sein des mécanismes de l’UA, à commencer par le Conseil de paix et de sécurité, afin que les décisions prises au sommet débouchent sur des résultats mesurables. Les dirigeants ont aussi plaidé pour une participation accrue des femmes et des jeunes aux processus de paix et pour une meilleure protection des enfants touchés par les conflits. Prochain rendez-vous pour mesurer le suivi : la 8e réunion de coordination de mi-année entre l’UA et les communautés économiques régionales, prévue le 4 octobre 2026.


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Angola
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