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Lorsqu’en 2001, Jim O’Neill, économiste chez Goldman Sachs, forge le sigle «BRIC» pour désigner quatre économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine), il ne soupçonne probablement pas que cette catégorie d’investissement deviendra, en deux décennies, une réalité géopolitique d’ampleur planétaire. En 2010, l’Afrique du Sud intègre le groupe, puis en 2024-2025, une vague d’adhésion sans précédent transforme l’acronyme en plateforme hétérogène mais stratégiquement ambitieuse. L’élargissement aux Émirats arabes unis, à l’Iran, à l’Indonésie, à l’Égypte et à l’Éthiopie cristallise une mutation profonde : les BRICS aspirent à devenir la voix politique du Sud global.

Le XXIe siècle verra-t-il l’avènement d’un ordre multipolaire fondé sur les BRICS ? Rien n’est moins sûr. Leur poids économique est incontestable, leur volonté politique affichée. Mais sans vision commune, sans gouvernance institutionnelle renforcée, et sans capacité à arbitrer les intérêts nationaux, les BRICS pourraient bien rester ce qu’ils sont encore aujourd’hui : un miroir grossissant des tensions du monde, plus qu’un acteur structurant de son avenir

Quand les grandes puissances font la guerre par procuration Imaginons ce scénario géopolitique : Les États-Unis attaquent l’Iran, prétendant défendre Israël. La Chine critique Washington, mais n’intervient pas directement. La Russie promet un soutien à Téhéran, renforçant ainsi une alliance stratégique. L’Iran riposte, non contre Israël directement, mais en ciblant un allié américain comme le Qatar. Simultanément, la Russie intensifie la guerre en Ukraine, détournant l’attention mondiale. Ce scénario reflète la réalité d’un monde où les superpuissances évitent la confrontation directe, préférant manipuler les conflits via des acteurs secondaires. Les civils, eux, paient le prix fort.

Dans le théâtre mondial contemporain, les grandes puissances se déguisent tour à tour en pacificateurs, victimes et justiciers. De la crise entre le Congo et le Rwanda, à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, en passant par l’escalade entre Israël et l’Iran, les puissances mondiales prêchent la paix mais financent la guerre, souvent par procuration

Pour comprendre cette recomposition en cours, il ne suffit plus de parler d’influence des grandes puissances, il faudra aussi s’intéresser à la manière dont les décisions sont prises, aux perceptions des dirigeants et aux jeux internes qui influencent leurs choix. C’est ce que révèle l’approche dite de la Foreign Policy Analysis, en s’intéressant moins aux États comme blocs monolithiques qu’aux décideurs, à leurs intérêts, leurs contraintes et leurs perceptions du monde.

La région MENA n’est plus simplement le théâtre de rivalités entre puissances extérieures, elle est devenue le terrain d’une bataille plus complexe, où se croisent stratégies globales – de Washington à Moscou, en passant par Pékin – et ambitions régionales portées par des puissances régionales comme l’Iran, la Turquie, Israël, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite ou le Qatar

Le ministre américain de la Défense a accusé la Chine de se préparer « à potentiellement utiliser la force militaire » en Asie-Pacifique, une région dont Washington fait son « théâtre prioritaire » dans un contexte de montée des tensions «La menace que représente la Chine est réelle et pourrait être imminente », a déclaré le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, au Shangri-La Dialogue de Singapour, plus grand forum sur la sécurité et la défense en Asie. Forum qui se tient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques accrues entre Washington et Pékin depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Malgré leurs postures fermes et leurs stratégies offensives, ni Washington ni Pékin ne peuvent se proclamer vainqueurs. Les États-Unis ont usé de leur levier économique pour imposer des tarifs punitifs, espérant forcer la Chine à modifier ses pratiques industrielles et commerciales. La Chine, de son côté, a riposté avec fermeté, refusant toute capitulation unilatérale et mobilisant ses propres leviers pour résister aux pressions.

Après plusieurs semaines de tensions commerciales et de représailles tarifaires, les États-Unis et la Chine sont parvenus à un accord provisoire. Celui-ci prévoit la réduction des droits de douane sur certains produits ainsi qu’un moratoire de 90 jours sur l’imposition de nouveaux tarifs, dans l’espoir de trouver un terrain d’entente sur leurs différends commerciaux profonds

Ce coup de froid sur les transactions commerciales avec l’Afrique dont la Chine est le premier fournisseur, serait dû aux craintes liées à l’impact négatif des mesures protectionnistes visant les produits chinois par les Etats-Unis et de la guerre commerciale déclarée par Donald Trump à la deuxième économie mondiale. La perspective d’une escalade que redoutaient les opérateurs économiques et les marchés financiers, s’est finalement concrétisée début avril.

Est-ce le prélude des conséquences de droits de douane imposés par l’administration Trump à la Chine ? Toujours est-il que les importations chinoises en provenance du continent ont enregistré un décrochage de 9,4% au premier trimestre 2025, elles s’établissent à 26,69 milliards de dollars, selon des données publiées lundi 21 avril par  l’Administration des douanes chinoises