La région MENA n’est plus simplement le théâtre de rivalités entre puissances extérieures, elle est devenue le terrain d’une bataille plus complexe, où se croisent stratégies globales – de Washington à Moscou, en passant par Pékin – et ambitions régionales portées par des puissances régionales comme l’Iran, la Turquie, Israël, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite ou le Qatar

Pour comprendre cette recomposition en cours, il ne suffit plus de parler d’influence des grandes puissances, il faudra aussi s’intéresser à la manière dont les décisions sont prises, aux perceptions des dirigeants et aux jeux internes qui influencent leurs choix. C’est ce que révèle l’approche dite de la Foreign Policy Analysis, en s’intéressant moins aux États comme blocs monolithiques qu’aux décideurs, à leurs intérêts, leurs contraintes et leurs perceptions du monde.
L’approche systémique et holistique des crises internationales et des conflits privilégie les facteurs macro-systémiques beaucoup plus que la stratégie des acteurs, en effet sans nul doute les changements géopolitiques dans la région MENA sont bien la résultante d’un changement d’équilibre du système international qui traverse une période d’interrègne et où la puissance dominante hégémonique les Etats Unis, bien que contestée par les pays révisionnistes en particulier la Russie et la Chine, est en train de revenir en force par divers stratagèmes notamment la tentative de déconnexion entre la Russie et la Chine et la résolution définitive de plusieurs conflits qui peuvent augmenter son influence (guerre en Ukraine, conflit en RDC, Conflit du Sahara, conflit entre l’Inde et le Pakistan etc.).
Une nouvelle ère est en marche depuis la guerre en Ukraine en 2022 et le retour du Président Donald Trump à la Maison Blanche, marquée d’une part par une éclipse de la Russie de la scène moyen orientale, préférant se concentrer sur la consolidation du front Ukrainien, et d’autre part un retour en force des Etats Unis dans la région MENA, après le vide laissé par la doctrine «Pivot To Asia» du président Barack Obama, ainsi qu’une montée en puissance méthodique de Türkiye et d’Israël pour sécuriser ou étendre leurs zones d’influence. La situation moyenne orientale serait nolens volens impactée par ces changements qui s’accélèrent et vont crescendo depuis la réélection du Président Donad Trump en 2024.
Recomposition géopolitique de la région MENA

La nouvelle recomposition géopolitique de la région MENA est toujours en cours de finalisation et on ne connait pas ses limites spatiaux-temporelles, le changement se fait à petits pas d’une manière graduelle, depuis la deuxième guerre du golfe et la chute de Saddam Hussein et le printemps arabe qui a implosé plusieurs régimes arabes, avec en tête de Proue les pays du front de refus (Libye, Syrie, Yémen).
Türkiye semble en pole position pour tirer un avantage considérable des récents bouleversements en Syrie et au Moyen-Orient, notamment suite à la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024 et au retour de Donald Trump à la présidence américaine. Le vide de pouvoir laissé par l’effondrement d’Assad offre à Ankara une opportunité stratégique pour étendre son influence, sécuriser ses frontières et mettre en sourdine l’opposition notamment kurde.
En effet, le second mandat de Trump a modifié la politique américaine dans un sens favorable aux intérêts turcs. La décision des USA de retirer les troupes américaines de Syrie et de réduire le soutien aux milices kurdes a en effet rapproché la position de Washington de celle d’Ankara. Ce changement de cap a affaibli l’opposition kurde, permettant à la Türkiye de faire progresser plus fermement son agenda. Associée à l’annonce récente par le PKK de son auto-dissolution Türkiye se trouve désormais dans une position idoine pour saisir ces mutations géopolitiques, visant à renforcer à la fois sa stabilité interne et son influence régionale dans un Moyen-Orient en pleine turbulence.
Pour sa part, Israël a amplement saisi les recompositions géostratégiques globales susmentionnées pour mener une offensive tous azimuts contre la constellation des milices Chiites pro- iranienne s’étendant du Liban au Yémen et les régimes obsédés par la destruction d’Israël et farouchement opposés à toute normalisation. On a assisté depuis les événements du 7 Octobre 2023 à une guerre d’usure et de position entre les bras armés de l’Iran et Israël qui s’est soldée par un affaiblissement de ces bras, l‘élimination des principaux cadres civils et militaires et des dégâts collatéraux dont une situation humanitaire désastreuse sans précédent.
L’axe dit « de résistance » en particulier le Hezbollah a vu son crédit s’éroder à mesure que se révélait sa véritable nature : un instrument au service des ambitions régionales de Téhéran plutôt qu’un authentique mouvement de résistance. Son soutien indéfectible au régime syrien, son implication dans le conflit yéménite via les Houthis, qui déstabilisent toute la sous-région et menacent la navigation dans le détroit de Bab Al Mandab et la Mer Rouge, et son appui aux milices du Polisario ont progressivement dissipé le mythe d’une lutte désintéressée contre Israël, mettant à nu sa stratégie d’expansionnisme chiite soigneusement orchestrée.
Profitant de ce discrédit croissant, Israël a initié depuis les événements d’octobre 2023 une reconfiguration majeure de sa posture stratégique en déployant une doctrine militaire qui allie éliminations ciblées, cyber opérations offensives et frappes préventives contre les infrastructures iraniennes en Syrie.
En invoquant la célèbre formule attribuée à Napoléon Bonaparte mais aussi au diplomate Talleyrand du XIXᵉ siècle «On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus» nous rappelle une vérité éternelle qui interpelle directement la stratégie israélienne actuelle. L’action militaire d’Israël sur le terrain ne saurait se substituer à une solution politique durable à une Paix des Braves. Ce constat met en lumière les limites d’une approche strictement sécuritaire et militaire, incapable à elle seule de résoudre un conflit profondément enraciné. Il souligne, par ricochet, l’urgence de relancer le processus de paix, en renouant avec l’esprit des accords d’Oslo et en revenant à la table des négociations sur la base d’une solution à deux États l’Etat d’Israël et un État palestinien viable dans les frontières de juin 1967, avec Jérusalem-Est (Al-Quds) pour capitale vivant côte à côte.
Un monde arabo-musulman en ordre dispersé face aux recompositions régionales dans la région MENA ?
Les positions internationales face à la guerre en cours entre Israël et l’Iran de juin 2025 révèlent un paysage diplomatique profondément fragmenté un véritable kaléidoscope. Tandis que les pays arabes – en particulier le CCG, l’Égypte, la Jordanie et l’Irak dénoncent les frappes israéliennes et appellent à une désescalade immédiate, certains comme Oman et le Qatar tentent de jouer les médiateurs. La Turquie condamne vigoureusement Israël, évoquant une escalade dangereuse sous la complaisance occidentale. De leur côté, la Russie et la Chine s’inquiètent publiquement de la spirale guerrière, tout en se positionnant comme arbitres potentiels. D’autres pays affirment leur solidarité sans aller plus loin comme c’est le cas de l’Algérie et le Pakistan qui a fermé ses frontières craignant un exode massif si jamais le régime s’écroule. Plusieurs pays arabes et islamiques préfèrent attendre et voir et exprimer leurs positions dans le cadre multilatéral à l’image du G7 qui était une aubaine pour les pays qui ne souhaitaient pas prendre des positions tranchées et préfèrent rester dans la zone grise de confort.
Le G7, malgré des tensions internes notamment entre les Européens et l’administration Trump, affiche une ligne de soutien au droit d’Israël à se défendre tout en appelant à éviter une conflagration régionale. L’Union européenne, elle, insiste sur la voie diplomatique et la relance du dialogue nucléaire avec Téhéran. Cette diversité de réactions illustre à la fois les lignes de fracture géopolitiques et les rivalités d’influence qui structurent le nouvel ordre régional au Moyen-Orient.
En effet, depuis le 7 octobre 2023, les pays moyen-orientaux adoptent des positions diverses face aux profondes turbulences régionales, guidés par des stratégies de survie adaptées aux nouvelles réalités géopolitiques. Au sein du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), on observe une fragmentation marquée : tandis qu’Oman et le Qatar jouent le rôle traditionnel de médiateurs, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont pivoté de l’utilisation du hard power vers la dé-escalade régionale et l’adoption de stratégies plus pragmatiques et soft combinant habilement soft balancing et hedging pour protéger leurs intérêts dans un contexte incertain (adhésion aux BRICS, réception en grandes pompes du Président américain D. Trump et rapprochement de l’ASEAN et de la Chine lors du Sommet Trilatéral CCG -ASEAN Chine le 27 mai dernier à Kuala Lumpur etc.).
Le Maroc, quant à lui, poursuit une posture habile et pragmatique de hedging, alliant multi -alignement, soutien à la cause Palestinienne à travers une approche de smart power qui allie fermeté diplomatique et action sur le terrain au profit des populations via l’Agence Bayt Mal Al Qods et intégration régionale avec les pays africains notamment atlantiques et les pays du Sahel.
Dans un autre registre, l’Algérie pratique une politique singulière de passager clandestin sans aucune vision stratégique à long terme en affichant une posture anti-occidentale en déphasage avec la réalité de son comportement opportuniste tout en renforçant ses liens avec les pays radicaux comme l’Iran, le Venezuela et l’Afrique du Sud et en soutenant les mouvements séparatistes dans le monde.
Türkiye combine habilement buckpassing et hedging, profitant du vide laissé par la Russie, de la chute du régime syrien et du retrait partiel des forces américaines pour contrer les groupes kurdes qu’elle considère comme une menace sécuritaire majeure.
L’Égypte maintient un rôle de médiateur dans une posture combinant buckpassing et soft balancing, tandis que l’Iran poursuit une stratégie claire de hard balancing, consolidant son «axe de résistance» contre Israël et les puissances occidentales.
Ce kaléidoscope de postures stratégiques diverses démontre si besoin est un quasi repli d’une politique commune et unifiée chez les pays arabes et islamiques, contrairement à la coordination remarquée lors de la guerre d’Octobre 1973.
Depuis le 14 juin 2025, les événements semblent marquer le déclenchement d’un assaut final contre la citadelle du chiisme et du «front de la résistance,» avec pour objectif implicite l’affaiblissement durable de la puissance iranienne et la prévention de toute acquisition de l’arme nucléaire. Sans céder à la tentation de la politique-fiction, il convient de rappeler qu’au-delà de l’affrontement, toute guerre vise ultimement un retour à la table des négociations mais en position de force. Dans cette perspective, les voisins de l’Iran, y compris Israël, ont tout intérêt à voir émerger un État stable, moins expansionniste et plus prévisible.
L’option rationnelle consisterait non pas à plonger le pays dans le chaos, mais à fragiliser progressivement l’aile dure du régime en favorisant un changement contrôlé de l’intérieur en faveur de l’aile modérée. Certains scénarios évoquent même la possibilité d’un retour à une monarchie éclairée, une formule hybride, combinant une autorité spirituelle et temporelle, distincte du régime laïc du Shah Reza Pahlavi. Une telle évolution permettrait, de préserver l’unité nationale tout en ouvrant la voie à une reconfiguration géopolitique régionale plus apaisée.
Quel décryptage du conflit Iran Israël ?
Aussi ancienne que l’humanité la guerre s’impose comme un phénomène complexe, enraciné dans une multitude de facteurs intriqués. La genèse des conflits armés échappe à toute explication univoque dans la mesure où ils sont le produit d’une interaction complexe entre logiques structurelles systémiques, calculs politiques et perceptions biaisées.
L’approche systémique et holistique des crises internationales et des conflits privilégie les facteurs liés au système beaucoup plus que la stratégie des acteurs, les changements géopolitiques dans la région MENA sont bien le produit d’un changement d’équilibre du système international.
L’autre grille de lecture c’est bien le décodage des stratégies des différents acteurs, à cet égard les explications les plus plausibles des derniers événements au Moyen-Orient est bien la théorie du linkage politics (James Rosenau 1969), qui articule dynamiques internes et stratégies externes et la théorie diversionniste de la guerre (Levy, 1989), qui postule que certains dirigeants, confrontés à un déclin de leur légitimité ou à une crise de gouvernance, déclenchent ou attisent des conflits extérieurs pour détourner l’attention des troubles intérieurs. Cette stratégie, souvent mobilisée dans des régimes autoritaires, cherche à provoquer un «ralliement autour du drapeau,» en brandissant le nationalisme ou la menace étrangère pour étouffer la contestation. Les risques personnels encourus par les dirigeants autocratiques en cas de perte de pouvoir – prison, exil, etc., contrastent fortement avec la «retraite paisible» offerte aux leaders démocratiques, influençant leur propension à recourir à la guerre.
Ces stratégies de diversion et d’exportation de la crise interne vers l’extérieur montrent que la guerre ne résulte pas seulement d’enjeux géostratégiques, mais aussi de logiques de survie politique. La guerre devient un prolongement de la politique intérieure par d’autres moyens, selon une logique inversée à la formule de Clausewitz.
L’histoire regorge d’exemples éloquents : en 1982, la junte argentine avait déclenché la guerre des Malouines (Falklands/Malvinas) pour détourner l’attention d’une double grave crise économique et d’un isolement international croissant ce qui a permis d’ailleurs à Margareth Thatcher de saisir cette opportunité pour redorer son blason et museler l’opposition travailliste (Hzaine El hassane étude sous la direction de A. Ouali au profit de la Chambre des représentants1983). De même, la guerre Iran-Irak (1980–1988) fut déclenchée alors que les deux régimes faisaient face à des tensions internes : l’Irak, à majorité chiite, redoutait l’effet de contagion de la révolution islamique iranienne, tandis que les autorités iraniennes utilisaient le conflit pour consolider leur emprise en marginalisant les factions laïques et nationalistes).
Le cas de la Syrie offre une illustration de la logique de linkage politics, qui articule dynamiques internes et stratégies externes (Yaacov Bar-Siman-Tov, Linkage Politics in the Middle East Syria Between Domestic and External Conflict, 1961-1970 Hebrew University, 1983). Le régime des Assad, en particulier sous Hafez, aurait fait un usage systématique du conflit avec Israël, notamment autour du plateau du Golan, pour renforcer sa légitimité intérieure (pays majoritairement sunnite dominé par une élite Chiite). Chaque montée de tension avec Israël ou implication dans les guerres régionales (comme au Liban ou en soutien au Hezbollah) permettait de raviver la rhétorique de la «résistance» et d’occuper l’espace politique intérieur, tout en justifiant la répression sous couvert d’unité nationale. L’hostilité affichée vis-à-vis d’Israël agissait comme un exutoire face à l’absence de réformes politiques et à une économie verrouillée.
Au Maghreb, l’exemple le plus éloquent est celui de l’oligarchie militaire en Algérie issue du FLN qui utilise la rivalité et l’animosité de longue date avec le Maroc -focalisée sur les souvenirs de la guerre des sables et la «Hogra» – comme moyen de diversion pour mobiliser le soutien populaire et museler l’opposition et récemment le Hirak. Chaque fois que la contestation civile atteignait son paroxysme le régime redoublait de rhétorique nationaliste, dépeignant son voisin comme une menace pour la souveraineté algérienne. Cette stratégie a permis de mettre de côté les demandes de réforme, maintenant les élites militaires fermement au pouvoir.
L’Iran postrévolutionnaire a également institutionnalisé le recours à la politique extérieure comme outil de cohésion interne. La République islamique, confrontée à des défis structurels – sanctions, désaffection de la jeunesse, luttes de pouvoir internes – a régulièrement intensifié son activisme régional (au Liban, en Irak, au Yémen, en Syrie appui au Hamas) pour consolider le pouvoir des Gardiens de la révolution et entretenir un narratif idéologique fondé sur la résistance à Israël et à l’Occident. Ce bellicisme régional, notamment à travers le soutien à des milices pro-iraniennes, a servi à détourner les revendications populaires, tout en permettant aux factions du régime de renforcer leur poids dans l’appareil d’État (Shah Alam, Interplay of Domestic Politics and Foreign-Security Policy of Iran ,2016).
Israël, de son côté, n’échappe pas à logique et cette dialectique entre instabilité intérieure et politique étrangère offensive. En effet, dans les années 1980, l’invasion du Liban de 1982, décidée par le gouvernement de Menahem Begin et menée par Ariel Sharon, répondait autant à des calculs sécuritaires qu’à un contexte de pression politique interne. Plus récemment, les campagnes militaires contre Gaza (notamment en 2009, 2012, 2014 et 2021) ont souvent coïncidé avec des périodes de tension politique ou de campagnes électorales. En 2023-2024, alors que le pays est secoué par une crise institutionnelle profonde autour de la réforme judiciaire, le Premier ministre Netanyahu s’appuie sur l’agenda sécuritaire pour maintenir sa coalition, en accentuant les tensions régionales et en adoptant une posture de fermeté extrême vis-à-vis du Hamas, du Hezbollah, des Houtis et de l’Iran.
En juin 2025, le gouvernement Benyamin Netanyahou fragilisé, divisé et confronté à une impasse parlementaire voyait dans la frappe contre les installations nucléaires iraniennes un moyen de ressouder l’opinion publique et de neutraliser les critiques.
En miroir, un Iran traversé par une transition post-Khamenei, tiraillé entre factions conservatrices et réformatrices, a répondu et saisit cette opportunité par une escalade régionale – soit directement, soit via ses mandataires – pour projeter une image d’unité et raviver le discours révolutionnaire qui cache une crise de légitimité d’une élite usée par le pouvoir.
Cette situation ne va pas sans nous rappeler la célèbre formule d’Henry Kissinger dans les années 1970 : «Israël n’a pas de politique étrangère, seulement une politique intérieure.» Par cette remarque, Kissinger critiquait la tendance israélienne à subordonner ses choix stratégiques aux impératifs de la politique interne – jeux de coalition, pressions partisanes, enjeux électoraux – au détriment d’une vision géopolitique cohérente et stable.
Sans adhérer totalement à la célèbre phrase de Henry Kissinger, force est de constater que la politique étrangère israélienne a certes été toujours influencée par des dynamiques domestiques, toutefois, ce schéma a été partiellement bousculé par l’arrivée de l’administration Trump, dont la doctrine America First a redéfini les termes de l’engagement stratégique entre les deux pays.
Si Benyamin Netanyahou a su tirer avantage de sa proximité stratégique avec les États-Unis, notamment à travers des avancées majeures comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu ou la signature des Accords d’Abraham, la politique étrangère israélienne n’en reste pas moins étroitement arrimée à l’agenda de Washington. Derrière une apparente autonomie diplomatique, c’est bien une forme d’alignement stratégique (bandwagoning) qui s’est consolidée, Israël s’insérant bon gré mal gré dans l’architecture géopolitique de la Maison-Blanche.
Dans un contexte de rivalité systémique avec la Chine, les USA ont repris l’initiative en tentant de verrouiller les zones d’instabilité qui pourraient offrir à Pékin des marges de manœuvre.
Dans ce contexte, les récentes confrontations entre l’Inde et le Pakistan en mai 2025, tout comme l’escalade entre Israël et l’Iran, sont porteuses d’impacts géostratégiques majeurs pour la Chine. Le conflit indo-pakistanais compromet la stabilité d’un nœud logistique clé de l’Initiative « Belt and Road, » tandis que la montée des tensions avec Téhéran menace l’approvisionnement énergétique de Pékin, l’Iran étant l’un de ses principaux fournisseurs de pétrole. Ces foyers de crise, bien que périphériques à la Chine, renforcent indirectement le pouvoir de négociation des États-Unis, qui disposent désormais de nouveaux leviers pour exercer des pressions ciblées et négocier des compromis avantageux sur le grand échiquier mondial.




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