Dans le théâtre mondial contemporain, les grandes puissances se déguisent tour à tour en pacificateurs, victimes et justiciers. De la crise entre le Congo et le Rwanda, à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, en passant par l’escalade entre Israël et l’Iran, les puissances mondiales prêchent la paix mais financent la guerre, souvent par procuration
Ce n’est plus une question de paix ou de guerre, mais d’intérêts géopolitiques où les grands ne s’attaquent jamais directement — ils s’affrontent par l’intermédiaire de leurs alliés.
Quand les grandes puissances font la guerre par procuration
Imaginons ce scénario géopolitique :
Les États-Unis attaquent l’Iran, prétendant défendre Israël.
La Chine critique Washington, mais n’intervient pas directement.
La Russie promet un soutien à Téhéran, renforçant ainsi une alliance stratégique.
L’Iran riposte, non contre Israël directement, mais en ciblant un allié américain comme le Qatar.
Simultanément, la Russie intensifie la guerre en Ukraine, détournant l’attention mondiale.
Ce scénario reflète la réalité d’un monde où les superpuissances évitent la confrontation directe, préférant manipuler les conflits via des acteurs secondaires. Les civils, eux, paient le prix fort.
Les États-Unis : Juge et partie
En Afrique, ils jouent les médiateurs entre le Congo et le Rwanda. Un accord de paix vient d’être signé ce vendredi 27 juin par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda- Thérèse Kayikwamba Wagner et olivier Nduhungirehe, dans le Bureau ovale sous la supervision du Secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio.
En Europe, ils appellent à la paix en Ukraine tout en armant Kiev.
Au Moyen-Orient, ils demandent la retenue tout en frappant l’Iran et en soutenant Israël.
Les États-Unis condamnent la guerre quand elle vient de leurs adversaires, mais la justifient quand elle défend leurs intérêts. C’est une diplomatie à géométrie variable.
La Russie : Le pacifiste qui bombarde
La Russie parle de paix, de souveraineté et d’un monde multipolaire, mais :
Bombarde l’Ukraine ;
Intervient en Afrique à travers Wagner. Africa Corps aujourd’hui ;
S’implique dans les tensions israélo-iraniennes.
Le discours russe est un écran de fumée, une stratégie de guerre recouverte de rhétorique pacifiste.
La Chine : L’agresseur silencieux
La Chine se positionne comme neutre, évitant les conflits directs.
Elle prône la coopération économique, s’oppose aux sanctions, et soutient la souveraineté.
Mais en réalité :
Elle construit des bases militaires stratégiques ;
Renforce sa présence en Asie, Afrique et Océanie ,Appuie discrètement la Russie tout en critiquant les États-Unis.
La Chine ne tire pas la première balle, elle joue à long terme — silencieuse, calculée, mais offensive.
Le théâtre de la paix illusoire
Les mêmes puissances qui organisent des sommets de paix :
Financent les groupes armés au Congo ;
Alimentent la guerre en Ukraine ;
Soutiennent des frappes préventives au Moyen-Orient.
La vérité est simple :
Les grandes puissances ne s’attaquent pas entre elles — elles attaquent les amis de leurs ennemis ,
Les peuples paient la facture
Qu’il s’agisse de Gaza, de Kharkiv, de Goma ou de Damas, ce sont les civils qui meurent, fuient, ou vivent dans la misère. Pendant ce temps :
La guerre devient un business ;
La paix devient un outil de manipulation ;
Et la vérité est étouffée par la propagande.
Conclusion : Il est temps de dénoncer l’hypocrisie mondiale
Le monde n’a pas besoin de discours sur la paix — il a besoin de vérité, de justice et de cohérence.
Tant que les puissances mondiales continueront à prêcher la paix tout en armant la guerre, les conflits ne cesseront jamais.
Dans ce monde, la paix est prêchée — mais le pouvoir est pratiqué.
Les grandes puissances ne s’affrontent plus directement — elles détruisent par intermédiaires.
À propos de l’auteur :
*Willy Lukanga est entrepreneur et analyste politique. Fondateur de Easy Cargo Freight International, il s’exprime régulièrement sur les questions de gouvernance, de justice, de leadership et de diaspora africaine.




![Tribune | Les puissances et leurs masques : la diplomatie à double face dans les conflits mondiaux [Par *Willy Lukanga] Quand les grandes puissances font la guerre par procuration Imaginons ce scénario géopolitique : Les États-Unis attaquent l’Iran, prétendant défendre Israël. La Chine critique Washington, mais n’intervient pas directement. La Russie promet un soutien à Téhéran, renforçant ainsi une alliance stratégique. L’Iran riposte, non contre Israël directement, mais en ciblant un allié américain comme le Qatar. Simultanément, la Russie intensifie la guerre en Ukraine, détournant l’attention mondiale. Ce scénario reflète la réalité d’un monde où les superpuissances évitent la confrontation directe, préférant manipuler les conflits via des acteurs secondaires. Les civils, eux, paient le prix fort.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/06/Conflit--scaled.jpg)

![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)




