Selon le Document de la programmation économique pluriannuel budgétaire (2027-2029), plusieurs entreprises publiques seraient en grande difficulté et exposeraient les finances publiques à un risque. Il s’agit principalement de la Société nationale de Recouvrement (SNR), qui affiche des capitaux propres négatifs, – 86,7 milliards FCFA pour un capital social de 25 millions FCFA. Autant dire que cette entreprise est virtuellement en situation de dépôt de bilan après que les pertes cumulées ont absorbé la totalité des fonds propres.
Cette situation serait largement due au dépérissement des missions originelles de cette société. Pour la restructurer, le gouvernement envisage plusieurs mesures telles que la révision du cadre juridique la régissant à l’effet d’une extension de ses missions, la réévaluation libre de ses actifs et la signature avec l’Etat d’une convention de règlement de dettes croisées.
La continuité de l’activité devrait aussi s’accompagner de mesures de reconstitution des fonds propres et d’une redéfinition de l’objet social.
L’autre canard boiteux dans le portefeuille public est SN-LAPOSTE. Depuis plus de dix ans, l’entreprise enchaîne des difficultés financières, logistiques et sociales. A fin 2024, les pertes cumulées dépassent 100 milliards FCFA, les capitaux propres affichaient un déficit de 156 milliards FCFA. Au terme de la restructuration, le capital social serait ramené à 6 milliards FCFA et les capitaux propres à 6,062 milliards. Cette mesure est une composante du plan global de restructuration de la Poste avec le volet d’un plan triennal de départs négociés déjà mis en œuvre dans sa première phase.
Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA), l’autre grand malade, présente des capitaux propres négatifs de 2,55 milliards FCFA pour un capital social de 1 milliard.
À côté de ces trois structures, plusieurs autres grands malades du portefeuille de l’Etat sont mal en point. Dakar Dem Dikk par exemple, affiche des fonds propres négatifs à plus de 68 milliards FCFA. Chez Air Sénégal, le volet reconstitution des fonds propres du plan de restructuration validé en conseil interministériel est achevé. Le capital social est désormais ramené à 20 milliards FCFA, avec des fonds propres arrêtés à 20,7 milliards. Ses pertes sont estimées entre 139 et 149 milliards de francs CFA pour les seuls exercices 2022 et 2023.
En ce qui concerne la SONACOS, le besoin de recapitalisation estimé à 30 milliards FCFA, est pris en charge dans le cadre de la conversion des créances de l’Etat en prises de participations supplémentaires. La situation ne change rien, car il s’agit juste d’un jeu d’écritures comptables sans injection de cash. Les fonds propres reconstitués s’élèvent désormais à 22,147 milliards FCFA. La société a connu un déficit historique de 33,03 milliards de FCFA entre les exercices 2023 et 2024, générant des capitaux propres négatifs de 9,5 milliards de FCFA. Décidément, les finances publiques sénégalaises sont exposées à des grenades prêtes à exploser à tout moment.





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