La Banque centrale du Nigeria vient de renoncer à l’interdiction d’importer des biens auprès de fournisseurs intermédiaires non fabricants, à cause de la chute de la valeur du naira face aux autres devises étrangères.
Une circulaire de l’émetteur central nigérian adressée aux banques, en milieu de semaine, permet aux importateurs d’ouvrir des lettres de change en faveur des agents de courtage et des tierces parties pour acheter des marchandises. Il s’agit d’un assouplissement des restrictions instaurées en août dernier.
Car, dès que la mesure a été mise en place, les importateurs ont déserté le système officiel de change pour s’orienter vers le marché noir, ce qui a largement contribué à affaiblir le naira. Ce vendredi 20 novembre, la monnaie nigériane est à son plus bas niveau des trois derniers mois à 480 nairas pour un dollar.
L’interdiction du mois d’août dernier avait pénalisé beaucoup d’entreprises qui sont obligées d’importer en passant par les négociants, comme dans le secteur céréalier. Certains ont réduit leur cadence de production de 10% à 20% parce que ne pouvant plus s’approvisionner dans les meilleures conditions.
En fait, il y a une légère pénurie de dollars du fait de la chute des cours du pétrole, mais également compte tenu de l’orientation des devises vers le marché noir. Les exportateurs et les particuliers ont un taux plus favorables sur le marché noir qu’avec les banques, ce qui favorise les détournements des recettes d’exportations et des envois des migrants.
Désormais, la Banque centrale appelle les banques commerciales à dénoncer les fraudeurs qui seraient pris en flagrant délit. Mais, pour ce faire, il faudra la coopération des services des douanes qui sont les seuls habilités à autoriser les exportations et à avoir une traçabilité de toutes les opérations. Sauf qu’avoir la pleine collaboration des douanes et des banques commerciales est beaucoup plus difficile à dire qu’à faire.





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