La banque centrale sud-africaine, South African Reserve Bank, a maintenu son taux directeur à 6,75 % jeudi 26 mars au terme de la réunion de son Comité de politique monétaire, expliquant sa prudence par la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient et les risques d’inflation. Les économistes de grandes banques du pays avaient anticipé ce statu-quo, car le conflit au Moyen-Orient a contraint la plupart des banques centrales dans le monde à revoir leurs prévisions et à reconsidérer l’évolution des taux d’intérêt

L’inflation en Afrique du Sud a été bien maîtrisée dans les mois précédant le conflit, ralentissant jusqu’à l’objectif de 3 % fixé par la banque centrale en février. Toutefois, cette tendance devrait s’accélérer à mesure que les effets des hausses anticipées des prix du carburant et de la faiblesse du taux de change se feront sentir. «Nous avions alerté sur les risques élevés et avons procédé avec prudence dans la fixation de nos taux », a déclaré le gouverneur Lesetja Kganyago en lisant la décision du Comité de politique monétaire. «Face à la crise actuelle, cette approche prudente s’avère appropriée.» Les autorités monétaires s’attendaient à ce que l’inflation globale s’accélère prochainement pour atteindre environ 4 %, avec un pic sur l’inflation des carburants supérieure à 18 % pour le deuxième trimestre.
Prévisions de croissance : 1,4% en 2026 et 1,9% en 2027
Le gouverneur de la South African Reserve Bank a déclaré que le modèle de projection de l’institution indiquait des taux inchangés sur une période plus longue, reportant ainsi les baisses observées en janvier. La banque centrale a cependant maintenu inchangées ses prévisions de croissance pour cette année et en 2027, à respectivement 1,4 % et 1,9 %.
Importateur net de carburants, l’Afrique du Sud est fortement exposée à la flambée des prix mondiaux de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Sa devise nationale, le rand, est très sensible aux risques et s’est dépréciée de plus de 6 % par rapport au dollar depuis le début du conflit fin février dernier.
La banque centrale a envisagé deux scénarios défavorables pour la guerre en Iran : l’un où le conflit dure encore deux mois ou plus, et l’autre où il dure plus d’un an. Dans les deux cas, l’inflation est au-dessus de 3 % et nécessite une hausse des taux d’intérêt pour contenir la fièvre inflationniste. Dans le scénario le plus défavorable, l’inflation dépasse les 5 % et ne reviendrait à l’objectif de 3% qu’en 2028.
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