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Réchauffement climatique : 5 choses à retenir du rapport 2021 du Giec sur la crise climatique

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                                                                   Source : GÉO 
Organe de l’ONU, le Giec a dévoilé un nouveau rapport alarmant, ce lundi 9 août. Le dérèglement climatique est généralisé, rapide et s’intensifie, pointent les scientifiques. Tour d’horizon non-exhaustif des points marquants de cette nouvelle publication qui fait chaud dans le dos.

1- L’évaluation scientifique la plus complète pour les décideurs politiques

A moins de 100 jours de la COP26 (conférence de l’ONU sur le climat) qui doit se tenir à Glasgow cet automne, ce nouveau rapport du Giec, premier du genre depuis 2013, représente le tableau le plus complet, le plus précis et le plus à jour de la situation climatique mondiale.

C’est le fruit de trois ans de travail de 234 auteurs de 66 pays, s’appuyant sur plus de 14 000 références scientifiques. Les quelque quarante pages de « résumé pour les décideurs », elles, ont été approuvées mot à mot par les 195 gouvernements membres du Giec.

Dévoilé le 9 août et intitulé « Changements climatiques 2021 : les bases scientifiques », ce document est le premier volet (sur trois) du sixième rapport d’évaluation du Giec, dont les deux autres parties, portant sur les impacts et sur les solutions, seront achevés en 2022.

2- L’impact de l’homme sur le changement climatique est « sans équivoque »

Il est indiscutable que les activités humaines sont à l’origine du changement climatique mondial avec l’effet réchauffant des gaz à effet de serre. Avec +1,1°C depuis 1850-1900, elles ont fait grimper la température mondiale à un rythme sans précédent depuis au moins 2000 ans.

« Dans ce rapport, on indique que c’est sans équivoque : l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres. Et contrairement aux textes précédents, nous n’indiquons pas de niveaux de confiance parce que c’est désormais un fait établi grâce aux progrès des études d’attribution », a commenté la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe 1 du Giec depuis 2015.

« Il apparaît que l’influence humaine est le principal facteur de recul généralisé des glaciers, du recul de la glace de mer près de l’Arctique, du recul du manteau neigeux, de la montée du niveau des mers depuis les années 1970 ou encore du réchauffement en profondeur de l’océan sur les premiers 700 mètres », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse, ce dimanche.

3- Les événements extrêmes ? Favorisés aussi par l’homme

Plus aucun doute non plus, Homo sapiens affecte de très nombreux événements météorologiques et climatiques extrêmes (vagues de chaleur, pluies torrentielles, sécheresses, cyclones tropicaux…), rendus plus fréquents et plus intenses.

« Certains événements récents, typiquement comme les vagues de chaleur en juin 2019 en France, auraient été très improbables sans l’influence de l’homme sur le climat », précise Valérie Masson-Delmotte. Et cette tendance va se poursuivre au cours des prochaines décennies. Le rapport estime par exemple que les pluies extrêmes vont grimper de 7% à chaque degré supplémentaire.

Pour le président de la COP26, Alok Sharma, ce rapport est « l’avertissement le plus sévère jamais lancé sur le fait que le comportement humain accélère de manière alarmante le réchauffement climatique ».

4- Toutes les régions du monde sont concernées

Au cours des prochaines décennies, les changements climatiques s’accentueront partout sur la planète. Nouveauté 2021, la publication du Giec s’accompagne d’un atlas interactif pour visualiser tous les dérèglements en cours et à venir. Il apparaît par exemple que le pourtour méditerranéen est particulièrement affecté. Les conditions sèches, chaudes et venteuses qui favorisent et renforcent les feux de forêt vont s’accentuer à mesure de l’ampleur du réchauffement.

Notons que dans tous les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (à l’exception du plus optimiste), nous dépasserons le seuil de réchauffement mondial de +1,5° C dans un avenir proche (entre 2021 et 2040) et resterons au-dessus de ce seuil symbolique jusqu’à la fin du siècle. Le scénario le plus pessimiste nous emmène à presque +5° C d’ici à 2100, la trajectoire actuelle à près de +3° C par rapport à l’ère pré-industrielle, soit au-dessus des 2°C visés par l’accord de Paris.

5- Tout n’est pas (complètement) perdu

C’est irréversible, les glaciers des montagnes et des pôles sont condamnés à fondre pour encore des décennies voire des siècles, mais il est possible d’atténuer la montée du niveau des mers ou l’intensification des vagues de chaleur en limitant le réchauffement, assure Valérie Masson-Delmotte. « Mais à moins d’une réduction immédiate, rapide et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre, la limitation à +1,5°C d’ici à 2100 serait hors de portée », prévient-elle.

« Si l’on réduisait fortement, rapidement et durablement les émissions de gaz à effet de serre, on en verrait les bénéfices dans 10 ou 20 ans », insiste la coprésidente du groupe 1 du Giec. En tête des préoccupations : le bien connu CO2, mais également les émissions de méthane dont les réductions substantielles, immédiates et soutenues limiteraient l’emballement des températures (grâce à la baisse de la pollution par les aérosols) et amélioreraient la qualité de l’air.

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