Scientifiques et autres experts des questions sur les changements climatiques sont vent debout contre les positions de l’administration Trump sur le climat. Mais rien n’y fait !! Pour Donald Trump, le Président climatosceptique : «il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine.» Le texte à abroger avait été adopté en 2009 aux États-Unis
C’est un énorme pas en arrière environnemental pour les États-Unis. Donald Trump va abroger ce jeudi 12 février un texte datant des années Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, a annoncé mardi 11 février sa porte-parole Karoline Leavitt.
«Le plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine»
Le président américain va «officialiser l’abrogation» de ce texte datant de 2009 et appelé constat de mise en danger («Endangerment finding,») a-t-elle déclaré à la presse. «Il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine,» a-t-elle ajouté, assurant qu’il permettrait aux Américains de faire des économies.
Vivement dénoncé par des scientifiques et défenseurs de l’environnement, un tel revirement portera un coup majeur à l’action climatique des États-Unis, premier contributeur historique d’émissions réchauffant la planète.
Adopté sous la présidence de l’ancien président démocrate Barack Obama, le texte visé stipule que six gaz à effet de serre sont dangereux pour la santé publique et tombent donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
Réglementations en péril
Son adoption avait ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les camions et les voitures, qui rejettent du dioxyde de carbone en brûlant de l’essence.
Sa révocation mettrait donc fin aux limites d’émissions imposées aux véhicules et permettrait au gouvernement Trump d’annuler une série d’autres réglementations, notamment concernant les centrales électriques.
1000 scientifiques vent debout contre les thèses des climatoscptiques
L’administration de Donald Trump, qui soutient vivement le pétrole et le charbon, cherchait depuis plusieurs mois à renverser cette décision et les réglementations qui en découlent, au grand dam de nombreux scientifiques qui dénoncent une décision contraire à la science et à l’intérêt public.
«Les preuves scientifiques relatives au changement climatique causé par l’homme et à ses conséquences étaient sans équivoque en 2009 et, depuis lors, elles sont devenues encore plus alarmantes et convaincantes,» rappelaient en juillet plus de 1 000 scientifiques et experts dans une lettre publique.
Bataille judiciaire annoncée
Le gouvernement américain minimise pour sa part le rôle des activités humaines dans le changement climatique et soutient que les gaz à effet de serre ne devraient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux.
Il estime également qu’une telle abrogation permettrait de faire baisser le coût des voitures neuves, après des années de hausse depuis la pandémie de Covid-19.
Quoi qu’il en soit, cette révocation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême.
Si cette dernière, majoritairement conservatrice, s’est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudences, les plaignants relèveront que c’est l’une de ses propres décisions en 2007 qui est à l’origine du texte de l’EPA. «Nous les verrons au tribunal,» promettait ainsi récemment Manish Bapna, Président de l’organisation environnementale NRDC.
Ce retour en arrière intervient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les États-Unis et le reste du monde.
Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans à travers le monde développé faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone.
Avec AFP
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