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Région Moyen-Orient et Afrique du Nord : Reprise inégale selon la Banque mondiale

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Le PIB augmentera de 5,2 % d’ici à la fin de 2022, mais l’incertitude règne, notamment du fait de la guerre en Ukraine et de la pandémie de Covid-19

Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devraient connaître une croissance de 5,2 % en 2022, le taux de croissance le plus rapide depuis 2016, grâce à la manne des prix dont bénéficient les pays exportateurs de pétrole de la région. Mais une incertitude accrue entoure cette prévision en raison de la guerre en Ukraine et de la menace continue que représentent les variants de la Covid-19.

Carte de la region MENA

Carte de la région MENA, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Intitulé «Confrontation avec la réalité : prévisions de croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en période d’incertitude», le dernier bulletin d’information économique de la Banque mondiale pour la région MENA prévoit une reprise inégale, les moyennes régionales masquant de grandes différences. Les pays producteurs de pétrole bénéficieront de la hausse des prix du pétrole et des taux de vaccination alors que les pays fragiles sont à la traîne. Mais le resserrement de la politique monétaire mondiale, l’imprévisibilité de l’évolution de la pandémie, les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et les hausses des prix des produits alimentaires augmentent les risques d’inflation pour l’ensemble de la région.

« Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Les variants de la COVID-19 restent une menace. Les risques sont exacerbés par la guerre en Ukraine, notamment pour les personnes pauvres qui subissent de plein fouet la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. En ces temps d’incertitude, nous devons faire preuve de réalisme quant aux perspectives de croissance de la région, déclare Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA. Gérer cette vague d’incertitude est un défi majeur pour les décideurs, et la Banque mondiale est déterminée à travailler avec les gouvernements de la région MENA en cette période de risques aggravés », ajoute-t-il.

La dépréciation de la monnaie dans certains pays de la région accentue déjà les pressions inflationnistes. Les pays confrontés à des difficultés budgétaires et à des vulnérabilités en matière d’endettement auront probablement plus de mal à refinancer leur dette ou à émettre de nouveaux titres d’emprunt dans un contexte marqué par des conditions de financement plus strictes, les banques centrales du monde cherchant à contenir les anticipations inflationnistes.

Les pressions inflationnistes créées par la pandémie sont exacerbées par la guerre en Ukraine. Les pays MENA dépendent fortement des importations de denrées alimentaires, notamment de blé en provenance de Russie et d’Ukraine. La hausse des prix alimentaires et le risque accru d’insécurité alimentaire risquent de toucher le plus durement les familles pauvres, car celles-ci consacrent généralement une plus grande part de leur budget à la nourriture et à l’énergie que les ménages riches. L’ampleur des conséquences de la guerre reste à déterminer, mais les premiers signes indiquent une aggravation des difficultés économiques qui frappent déjà les pays de la région, en particulier ceux à revenu intermédiaire importateurs de pétrole.

Malgré le taux de croissance annoncé à 5,2 %, le PIB par habitant, indicateur du niveau de vie des populations, dépassera à peine les taux d’avant la pandémie en raison de performances généralement médiocres en 2020 et 2021, indique le rapport. Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, le PIB par habitant, stimulé par la hausse des prix du pétrole, devrait augmenter de 4,5 % en 2022, mais ne retrouvera pas son niveau d’avant la pandémie avant 2023. En revanche, en 2022, le PIB par habitant des pays exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire devrait augmenter de 3,0 %, et de 2,4 % pour les pays importateurs de pétrole de la région, ce qui ne suffira pas à ramener les conditions de vie des populations à ce qu’elles étaient avant la pandémie. Dans l’ensemble, si ces prévisions se réalisent, 11 des 17 pays de la région MENA pourraient ne pas retrouver leur niveau d’avant la pandémie  avant la fin de 2022.

Pour ajouter à l’incertitude liée à la pandémie, seul un tiers des pays à revenu intermédiaire de la région MENA ont des taux de vaccination plus élevés que d’autres pays de niveau de revenu comparable. En date du 4 avril 2022, avec une moyenne de 75,7 %, les pays du Golfe — à l’exception d’Oman qui affiche un taux de vaccination de 57,8 % — font nettement mieux que les autres pays dans la même catégorie de revenu. Mais des pays comme l’Algérie et l’Iraq n’ont vacciné qu’environ 13 à 17 % de leur population. Le Yémen et à la Syrie, quant à eux, présentent des taux de vaccination à un chiffre, les laissant ainsi plus exposés aux conséquences économiques et sanitaires de la pandémie de Covid-19 dans un futur proche.

Chaque Bulletin d’information économique de la région MENA traite d’un domaine d’intérêt particulier et l’édition de ce mois d’avril permet de mettre à l’épreuve des faits les prévisions de croissance de la dernière décennie, notamment celles fournies par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le secteur privé. Les prévisions économiques représentent un outil précieux pour les pouvoirs publics, car elles aident à préparer l’avenir, surtout en période d’incertitude. Les auteurs ont constaté que les prévisions de croissance des dix dernières années dans la région MENA étaient souvent inexactes et trop optimistes par rapport à celles d’autres régions. Des prévisions trop optimistes peuvent entraîner des contractions économiques à terme. Un facteur clé de l’incertitude des prévisions réside dans la disponibilité et l’accessibilité d’informations de qualité et en temps voulu, un domaine dans lequel la région MENA est en retard par rapport au reste du monde en développement.

« Au regard de l’incertitude qui règne actuellement à l’échelle mondiale et régionale, il devient encore plus important d’obtenir les prévisions les plus précises possibles. L’indisponibilité et le manque d’ouverture des données sont des stratégies risquées. Ce n’est qu’avec des données de meilleure qualité et plus transparentes que les prévisions, et avec elles, la planification et la formulation des politiques, pourront s’améliorer », affirme Roberta Gatti, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région MENA.

Les pays en conflit tels que la Libye et le Yémen possèdent des données de PIB obsolètes, les dernières disponibles datant respectivement de 2014 et 2017. Seuls 10 des 19 pays MENA couverts par le Groupe de la Banque mondiale disposent d’informations mensuelles ou trimestrielles sur la production industrielle ; pour les neuf autres, ces informations ne sont pas rendues publiques ; et aucun ne publie de données mensuelles sur le chômage. Le rapport fournit des orientations sur la manière d’améliorer les systèmes de données nationaux.

Source : Banque mondiale

 

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