Face au blocage du détroit d’Ormuz par le conflit au Moyen-Orient, Jakarta réorganise en urgence ses approvisionnements énergétiques. En transformant le continent africain en son nouveau réservoir de substitution, l’Indonésie transforme une crise géopolitique majeure en un accélérateur de partenariats Sud-Sud.
Le plan de secours de Jakarta face au blocus
Le commerce mondial de l’or noir subit un violent séisme, mais l’Indonésie a déjà trouvé la parade. Pour pallier la fermeture stratégique du détroit d’Ormuz — verrouillé par les tensions explosives entre l’Iran, les États-Unis et Israël —, Jakarta a jeté son dévolu sur les terminaux africains. Devant le Parlement indonésien, le vice-ministre des Affaires étrangères, Arif Havas Oegroseno, a officialisé cette accélération des achats de brut sur le continent africain, confirmant une information de l’agence nationale Antara.
L’atout maître de l’Afrique dans cette crise ? Sa géographie. Situés hors de la zone de turbulences du Golfe persique, les ports africains offrent une bouée de sauvetage logistique. Pour l’Indonésie, l’urgence est criante : un ou deux superpétroliers de la compagnie nationale Pertamina se sont retrouvés pris au piège dans le Golfe, illustrant la vulnérabilité d’un pays qui dépendait d’Ormuz pour près de 20 % de ses importations de brut .
Nigeria, Angola, Algérie : les nouveaux géants de l’approvisionnement indonésien
Ce pivot stratégique vers l’Afrique ne sort pas de nulle part, mais la crise actuelle l’a transformé en un véritable coup d’accélérateur. Dès la fin de l’année 2025, Pertamina amorçait déjà cette diversification en important 1 million de barils du continent africain. Aujourd’hui, cette tendance s’est transformée en un flux commercial massif. Selon les derniers indicateurs statistiques, le Nigeria est devenu un partenaire de premier plan en exportant pour 2,45 milliards de dollars de pétrole vers l’Indonésie en 2025, talonné de près par l’Angola avec 1,9 milliard de dollars .
Une aubaine géopolitique pour le continent africain
Cette redistribution des cartes fait les affaires des producteurs africains, qui avaient anticipé le coup. Dès le printemps dernier, les autorités nigérianes s’étaient positionnées publiquement comme l’alternative idéale pour les économies asiatiques en quête de sécurité énergétique. En s’imposant comme le bouclier anti-crise de l’Indonésie, l’Afrique démontre qu’elle n’est plus seulement une réserve de ressources, mais un acteur géostratégique clé capable de stabiliser le marché de l’énergie lorsque le Moyen-Orient s’embrase.





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