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« De nombreuses entreprises wallonnes sont actives sur tout le continent africain »

« De nombreuses entreprises wallonnes sont actives sur tout le continent africain »

Willy Borsus, Ministre-Président de la Wallonie

Une des trois régions de Belgique, la Wallonie est une locomotive de l’économie belge. Avec son PIB de plus de 100 milliards d’euros, soit pratiquement le quart du PIB belge, elle est également une puissance exportatrice qui concentre 19% des exportations du pays.

Willy Borsus, Ministre-Président de la Wallonie qui veut internationaliser davantage sa région, analyse les pistes de rapprochement avec l’Afrique.

AFRIMAG : Le modèle de développement économique wallon fait des PME et des spin-off est-il exportable vers les pays du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne ?

Willy Borsus, Ministre-président de la Wallonie

Willy Borsus, Ministre-président de la Wallonie

Willy Borsus : Bien entendu ! Ce modèle est exportable vers l’Afrique subsaharienne mais il faut néanmoins établir certaines conditions pour la réussite d’un tel projet. Les conditions sont notamment de disposer de bonnes connections électroniques mais aussi entre les différents centres de recherche et les attentes de la population. « Think global act local » a tout son sens dans ce genre de développements. Les entreprises wallonnes ont commencé par travailler avec leur environnement en structurant leur écosystème d’innovation avant de s’exporter. Aujourd’hui il est d’autant plus facile de travailler en bénéficiant de l’expérience des autres vu le nombre de modèles et de projets qui sont encore à réaliser ou tout simplement à inventer.

La Wallonie a su développer des marques territoriales fortes qui lui permettent d’élargir son offre. Sur ce volet, quels enseignements pourriez-vous apporter aux pays africains aux économies le plus souvent non diversifiées, et avec lesquels vous avez une coopération étroite ?

Les besoins dans ces pays-là sont connus, et ils ne sont pas si éloignés de besoins de la Wallonie, même s’il existe bien sûr des spécificités locales. Le numérique permet de transcender et d’accélérer certaines étapes dans le développement des activités. Il s’agit d’opportunités pour les jeunes entrepreneurs sub-sahariens. La coopération peut également apporter des outils et une méthodologie dans la réflexion mais la création de richesse et la diversification de l’offre doivent être réalisées avec des acteurs locaux. Nous assistons d’ailleurs à l’éclosion de toute une série d’acteurs et leaders en Afrique qui ne sont plus de «l’ancienne économie» et cela marque une rupture même pour les acteurs du développement qui réorientent leur action.

Hormis quelques leaders mondiaux wallons tels que CMI ou Thomas & Piron, il est rare d’entendre que des entreprises wallonnes investissent en Afrique, pourtant un continent aux opportunités réelles et immenses qui n’échappent pas aux Chinois, aux Turcs, aux Japonais… Comment expliquez-vous cette situation, vous qui avez un lien avec ce continent ?

CMI, Thomas&Piron sont les entreprises connues du public marocain mais je peux vous dire que de nombreuses autres entreprises sont actives sur tout le continent. Effectivement certaines zones sont privilégiées par certains acteurs comme l’Afrique Centrale mais aussi l’Afrique de l’Ouest. AF Compressors leader mondial dans la compression mécanique, PRAYON, Carmeuse, Corman, Magotteaux …, sont des entreprises wallonnes que l’on retrouve sur toute l’Afrique. Par ailleurs comme vous l’aurez deviné, il est plus facile de s’installer pour des entreprises des secteurs des mines, de l’agroalimentaire ou encore de la mécanique, que dans la R&D où les interconnections et la concurrence sont parfois indispensables pour faire avancer les projets.

L’année 2018 a été déclarée « Année du Maroc » en Wallonie. Quelque 500 chefs d’entreprises sont attendus en novembre dans le sillage de la Mission princière. Sous quel signe placez-vous cet événement attendu de part et d’autre ?

« La confiance » et la volonté de travailler ensemble sont les maîtres-mots dans cette situation. Le Maroc attire et les entrepreneurs qui se rencontrent lors des réunions ou forum se passent le mot. Il faut citer bien entendu la langue usuelle qui facilite les contacts, la proximité géographique, la vitesse de développement du Maroc et sa nouvelle stratégie en Afrique subsaharienne. Ce sont autant d’éléments qui font que les entreprises belges et wallonnes sont très attentives à ce qui se passe ici. Les rencontres qui ont lieu lors des visites et des missions permettent de découvrir, d’approfondir et d’accélérer certains projets en cours. C’est aussi le moment où la presse belge met le focus sur le Maroc et cela peut donner à nos entreprises encore davantage l’envie de découvrir ce pays et d’y investir.

Quel rôle pourrait jouer le Maroc dans le rapprochement de la Wallonie au reste de l’Afrique ?

Le Maroc, en plus de son dynamisme propre, peut être aussi considéré comme une véritable porte vers l’Afrique. La Wallonie a compris que le Maroc pouvait servir comme hub pour certains pays d’Afrique et certaines entreprises ont déjà emboité le pas, comme AF Compressors, CMI…

Le Maroc a signé une série d’accords et de partenariats avec la majeure partie des pays africains, il y a encore beaucoup à faire et les entreprises wallonnes ont clairement entendu le signal. C’est toute une série d’opportunités qui s’offrent à ceux qui veulent les saisir.

Des accords ont et vont être signés avec certains acteurs gouvernementaux et privés pour organiser ce rapprochement mais aussi pour aider nos entrepreneurs à trouver le partenaire idéal au Maroc pour entamer ce bout de chemin. Notre bureau de WBI à Casablanca suit de très près l’évolution de cette situation et nous espérons dans un avenir proche concrétiser ces vœux par une action Wallonie-Maroc-Afrique.

Entretien réalisé avec A. D. Tandia

Coopération internationale Wallonie Willy Borsus

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