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Les ambitions finlandaises pour le marché africain

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La «Stratégie Afrique de la Finlande : vers un partenariat politique et économique plus solide», c’est l’ambition affichée des autorités d’Helsinki pour conquérir les marchés africains en prenant le Maroc comme porte d’entrée. Il s’agira de trouver de nouveaux débouchés pour les entreprises finlandaises dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant.

 

Miser sur l’innovation et les valeurs complémentaires

Comme le souligne aisément Pekka Hyvönen, ambassadeur de la Finlande au Maroc, le Royaume chérifien occupe une place de choix dans les relations entre son pays et le reste du continent. A ce titre, le Maroc constitue une porte d’entrée du continent et un pont entre l’Afrique et l’Europe, de part sa position géographique mais aussi à travers ses relations diplomatiques.

Rehausser les échanges

Son tissu entrepreneurial et la qualité de ses ressources humaines sont aussi une priorité stratégique pour la Finlande. En la matière, Helsinki ne manque pas d’arguments pour séduire les pays africains à travers sa nouvelle stratégie, qui a été dévoilée, dans la première quinzaine du mois de juin, lors d’une conférence de presse à Rabat.

La nouvelle approche économique de la Finlande pour le marché africain tourne autour de la transition verte (dé-carbonisation, mobilité durable), des solutions différentes comme l’économie numérique, la digitalisation…, sans oublier le transfert de technologies. Des secteurs dans lesquels l’Afrique a un grand besoin.

L’enjeu est donc de tirer vers le haut les échanges commerciaux entre la Finlande et les pays africains dont le Maroc en tête car il faut le reconnaitre les chiffres sont insignifiants au regard des potentialités des deux parties. Rien que pour le Maroc, sur l’année 2020, la Finlande a exporté vers le près de 142 millions d’euros et n’a importé que seulement 22 millions d’euros de produits. Tandis que 40 entreprises finlandaises sont actuellement actives au Maroc aucune entreprise marocaine n’est encore implantée en Finlande. Ce qui explique tout comparativement à la France, la Chine, l’Italie, la Grande Bretagne, etc.

Pekka Hyvönen, Ambassadeur de la Finlande

Mais Pekka Hyvönen reste confiant déjà que la Finlande a déjà de solides relations diplomatiques et commerciales avec le Maroc avec plus de potentialité à exploiter sans compter que le Maroc a toujours occupé la deuxième ou la troisième place en tant que partenaire commercial de la Finlande en Afrique. Ce qui est sûr, la Finlande compte s’inspirer ou mettre à profit l’expérience avec le Maroc pour consolider sa place sur l’échiquier africain. C’est toute la trame de la nouvelle stratégie finlandaise pour les décennies à venir sur le continent.

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Car l’Afrique est au cœur des enjeux mondiaux, attesté par l’augmentation sans cesse de la présence politique et économique des acteurs internationaux. Et la compétition portant sur le pouvoir d’influence, les ressources naturelles et la gestion des transports, de l’énergie et des connexions numériques ayant un impact sur les investissements s’est accélérée sur le continent. La Finlande ne pouvait rester en marge de cette dynamique.

Les ambitions de la Finlande pour l’Afrique

La stratégie vise à intensifier et diversifier les relations de la Finlande avec les pays d’Afrique, l’Union africaine (UA) et les organisations régionales. La stratégie souligne l’importance du renforcement des relations politiques et économiques sur la base des intérêts communs et de la réciprocité. La Finlande promeut ces objectifs, en raison de ses relations bilatérales avec les pays africains, mais aussi en tant qu’État membre de l’UE, dans la coopération nordique, les établissements de financement internationaux, ainsi que dans les autres cadres de coopération multilatérale. La stratégie Afrique de la Finlande ne se concentre pas sur le travail de coopération au développement, mais sur le développement et la diversification des relations politiques et économiques entre la Finlande et les pays africains.

 

Trois questions à Jari Kaihiri, Directeur Business Finland

AFRIMAG : Quels sont les enjeux majeurs de la coopération entre la Finlande et l’Afrique ?

Jari Kaihiri, Directeur Business Finland

Jari Kaihiri : Ce qu’il faut changer d’abord c’est cette méconnaissance. En effet, la Finlande n’est pas très bien connue au Maroc, en Afrique et vice-versa. Le challenge est de faire connaitre le Royaume chérifien et le reste du continent dans mon pays. Le Maroc est essentiellement connu en Finlande que pour les vacances notamment des destinations comme Marrakech et Agadir ou encore sur le plan vivrier particulièrement les légumes venant d’ici.

Quel regard portez-vous donc sur la coopération entre la Finlande et le Maroc ?

Je ne regarde pas la coopération entre la Finlande et le Maroc sous l’angle du commerce du genre j’achète et je te vends mais sous celui d’amélioration du processus de production et modernisation du pays.

Un exemple, le Maroc a de plus en plus d’autonomie de production dans le domaine de l’énergie verte. Malheureusement, le Maroc importe toutes les plaques de photovoltaïque essentiellement de l’Asie dont les composants sont le verre, l’aluminium. Alors pourquoi ne pas faire de sorte que ces composants soient fabriqués sur place ici étant donné que les conditions, les matériaux et les moyens existent sur place ? Cela peut se faire en construisant des unités de production, or la Finlande dispose des technologies avancées pour le faire ici. D’ailleurs, nous avons une société en Finlande qui est prête à vendre une usine entièrement automatisée pour la fabrication de panneaux solaires.

Quelle pourrait être la déclinaison de cette coopération pour le reste de l’Afrique ?

Les pays africains sont différents donc pour la coopération, on ne peut pas appliquer les mêmes idées à tous les Etats du continent. Autrement, ce qui est valable pour le Maroc ne peut pas l’être pour le Nigeria ou le Kenya. Nous avons une vision globale mais qui sera exécutée au cas par cas. Souvent, on nous demande qu’allez-vous investir dans notre pays ? Nous allons analyser, scruter, observer pour voir si les conditions endogènes et exogènes permettent un investissement ou implantation.

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