Les 12 et 13 novembre 2026, le Salon des Industries Musicales d’Afrique francophone (SIMA) tient sa troisième édition dans un grand palace de Cotonou, au Bénin. Après une édition 2025 qui a réuni plus de 6 700 participants, dont plus de 3 000 professionnels selon les organisateurs, le rendez-vous ambitionne cette fois de sortir du seul registre de la célébration : un sommet consacré à l’intelligence artificielle (IA) et au droit d’auteur, le lancement d’un réseau des femmes de l’industrie et la première venue en Afrique de Live Nation en font un carrefour où se jouent des questions de valeur, de souveraineté et de redistribution des revenus.
Un sommet IA pour une position africaine commune
Le temps fort de cette édition est le Sommet panafricain sur l’intelligence artificielle et le droit d’auteur, organisé avec la CISAC. Le vice-président de la confédération, Youssou N’Dour, est annoncé aux côtés des délégués ; le musicien sénégalais a pris ses fonctions le 4 juin 2026. Sous l’impulsion du Bénin, les travaux porteront sur la transparence des données, le consentement des créateurs et la souveraineté culturelle.
« 22 milliards d’euros de revenus des créateurs pourraient être menacés sur une période de cinq ans. » C’est l’estimation évoquée par les organisateurs. Elle doit aboutir à la « Déclaration de Cotonou », un position paper que le Bénin entend porter devant l’Union africaine en 2027, puis défendre sur la scène internationale.
Les majors, les plateformes et l’État autour de la même table
La monétisation des musiques africaines concentrera une part importante des échanges. Tiakolainterviendra dans un « Industry Highlight » consacré à l’Afrique francophone, avant un panel qui réunira Marc-André Niang (Warner Music), Elvis Adidiema (Sony Music) et des sociétés de gestion collective. Le spectacle vivant aura aussi sa séquence : Angelo Gopée, directeur général de Live Nation France et du MIDEM, participera à un panel sur un secteur considéré comme un levier de développement économique et de rayonnement territorial.
Sur le plan institutionnel, le ministre béninois de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, ouvrira les réflexions sur les modèles de développement des industries créatives, aux côtés de la Fondation de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
Un réseau pour les femmes, un regard sur les métiers de l’ombre
Le 12 novembre sera lancé le premier Réseau des femmes dans l’industrie musicale en Afrique subsaharienne. Au programme : la présentation d’une étude consacrée à la place des femmes dans l’industrie musicale nigériane, la mise en relation des professionnelles et un programme pilote d’accompagnement. L’avocate Amanda Uzoagba prendra part au panel « Tech × IA », tandis que la productrice Binetou Sylla évoquera les métiers de l’ombre et leur place dans la chaîne de valeur. Suspect 95 et Pit Baccardi échangeront sur la santé mentale des artistes et des professionnels, un sujet encore rarement traité dans les débats du secteur.
Former pour durer
Le programme déborde des salles de conférence. Des masterclass aborderont la musique à l’image, la musique comme instrument d’influence des États, les mécanismes de viralité et la gestion des catalogues (droits, métadonnées, codes ISRC). Le programme « Boost by SIMA », intensif et certifiant, sera lancé au Bénin pour former aux métiers clés de l’industrie. Des rencontres business-to-business (B2B) avec des programmateurs doivent prolonger les discussions sur le terrain des contrats.
Avec A’Salfo, Hiro et Singuila également annoncés, Cotonou entend être, ces 12 et 13 novembre, moins une vitrine qu’un espace de négociation pour une industrie qui cherche encore à convertir son rayonnement en revenus.





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