Les données 2025 publiées par Nomads.com, la plateforme de la communauté des nomades numériques dans le monde, confirment la «magie» de nouvelles technologies. Un peu plus de 80 millions de personnes auraient aménagé leur «bureau» loin de leur pays tout en travaillant «normalement» à partir de leur ordinateur grâce aux connexions internet très haut débit. C’est une forme de télétravail en mode «globalisation.»
Beaucoup de pays se battent pour attirer ces nomades numériques, car ils pèsent de plus en plus sur le plan économique. Selon Nomads.com, en moyenne, un nomade numérique gagne 124.000 dollars par an, soit un peu plus de 10.300 dollars mensuels. Il dépense entre 1.000 et 3.000 dollars par mois dans le pays qui l’accueille en hébergement, restauration, loisirs, coworking et en transports. Ce n’est pas rien au regard du niveau de vie des pays qui accueillent ces touristes de nouvelle génération.
Tout doucement, plusieurs métropoles africaines se positionnent pour capter leur part de marché du nomadisme numérique : Le Cap, Johannesburg, Marrakech, Accra, Dakar, Abuja, ou encore Luanda, Libreville, Cotonou suscitent de l’intérêt, observent les auteurs du rapport de Nomads.com. Mais la connectivité haut débit, un coût de la vie abordable ou l’authenticité ne suffisent pas pour aimanter ces télétravailleurs globalisés. Les destinations doivent disposer aussi des infrastructures, des services publics opérationnels (santé) et être sûres. En gros, un cadre propice à une expérience alliant efficacité professionnelle et découverte touristique.
Le Cap-Vert et l’Ile Maurice en pointe
Quelques pays du continent avaient commencé à structurer leur offre pour les travailleurs nomades depuis la pandémie du Covid-19 qui avait été le détonateur de ce phénomène. En 2020 déjà, l’île Maurice avait institué un visa Premium ouvert aux ressortissants de 114 pays. Le visa est gratuit et valide pour un an renouvelable. Pour l’obtenir, le demandeur doit prouver que son activité principale et/ou la source de ses revenus se situent en dehors de l’île, afin de ne pas intégrer le marché du travail local. Il doit justifier d’un revenu mensuel d’au moins 1500 dollars.
Pour le Cap-Vert qui a fait du numérique et du tourisme des leviers de croissance économique, le visa pour nomade numérique a été lancé depuis cinq ans. Il est valide six mois renouvelables. Les nomades numériques au Cap-Vert sont exonérés de l’impôt sur le revenu et de toute autre taxe locale.
Le pays n’impose pas de salaire minimum, mais le demandeur de visa doit justifier d’un solde bancaire mensuel moyen minimum de 1.500 euros au cours des six derniers mois précédant la demande de visa. En 2024, l’Afrique du Sud a adopté le visa de nomade numérique. Il permet à son titulaire de résider sur le territoire pour une durée allant de trois mois à trois ans. Le requérant doit apporter la preuve sous la forme de relevés bancaires de trois mois qu’il gagne un salaire brut annuel d’au moins 36.782 dollars.





Cap-Vert





