Le système d’immigration sud-africain a été exploité pendant des années par un petit groupe de fonctionnaires qui se sont enrichis en acceptant des paiements en échange de la délivrance de visas et de permis de séjour, a révélé une enquête explosive diligentée par le chef de l’Etat, Cyril Ramaphosa
Ces investigations, qui portent sur la période 2004 à 2024, ont été publiées lundi 23 février. Elles révèlent que l’immigration avait été «traitée comme un marché.»
Les responsables mis en cause n’ont pas été nommés, mais quatre d’entre eux ont reçu un total de plus de 16 millions de rands, soit 1 million de dollars en argent liquide, selon un communiqué de l’Unité spéciale d’enquête de l’Etat. L’un a fait construire un manoir, tandis que d’autres ont acheté plusieurs propriétés en cash, révèle l’enquête. «Ces conclusions démontrent que la corruption au sein du système des visas n’est pas un phénomène accidentel ; elle est organisée, délibérée et dévastatrice pour la confiance du public,» concluent les inspecteurs de l’Unité spéciale d’enquête de l’Etat. Elle affirme avoir mis au jour une réalité troublante : «le système d’immigration sud-africain a été traité comme un marché où les permis de séjour et les visas étaient vendus au plus offrant.»
Le mode opératoire de la corruption était bien rodé. Les demandes étaient systématiquement envoyées via WhatsApp pour une approbation accélérée, après quoi des paiements étaient effectués aux conjoints des fonctionnaires. Dans d’autres cas, de l’argent liquide était dissimulé dans les formulaires de demande.
Le système d’immigration sud-africain, basé sur des formulaires papier, est critiqué depuis longtemps pour sa lenteur et sa vulnérabilité à la corruption, les demandeurs payant des pots-de-vin pour accélérer les décisions ou contourner les exigences.
Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a déclaré que son ministère s’efforçait de lutter contre la fraude, principalement par la numérisation de ses systèmes. Il est en train de migrer vers une plateforme d’autorisation de voyage électronique.
L’Unité spéciale d’enquête a indiqué avoir transmis 275 dossiers criminels au Parquet national. Le ministre de l’Intérieur a précisé que 20 fonctionnaires de son administration avaient été licenciés depuis avril de l’année dernière.





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