Le gouvernement chinois a renforcé ce jeudi 9 octobre le contrôle des exportations de terres rares, avec l’intention de restreindre celles qui sont destinées aux entreprises de défense étrangères et aux utilisateurs de semi-conducteurs. Premier producteur mondial de terres rares, la Chine a également ajouté des dizaines de technologies de raffinage à sa liste sous surveillance et annoncé des règles que devront respecter les producteurs étrangers de terres rares qui utilisent des matériaux chinois
La décision de Pékin fait suite à l’appel lancé mardi 7 octobre par le Congrès américain en faveur d’interdictions plus larges sur l’exportation d’équipements de fabrication de puces vers la Chine.
Ces nouvelles restrictions interviennent quelques semaines avant une rencontre en face à face prévue entre le président Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud. «Cela contribue à accroître l’influence de Pékin avant le sommet Trump-Xi,» analyse Tim Zhang, fondateur d’Edge Research, basé à Singapour.
La Chine produit plus de 90 % des terres rares transformées et des aimants en terres rares du monde. Les 17 éléments de terres rares sont des matériaux essentiels à la fabrication de produits allant des véhicules électriques aux moteurs d’avion, en passant par les radars militaires. Les exportations de douze d’entre eux sont désormais restreintes après que le ministère du Commerce en a ajouté cinq, notamment l’holmium, l’erbium, le thulium, l’europium et l’ytterbium – ainsi que des matériaux connexes.
Les entreprises étrangères produisant certaines des terres rares et des aimants apparentés figurant sur la liste devront désormais également obtenir une licence d’exportation chinoise si le produit final contient ou est fabriqué avec des équipements ou des matériaux d’origine chinoise. Cette disposition s’applique même si la transaction n’implique aucune entreprise chinoise.
Ces réglementations sont un «copier-coller» des règles mises en place par les Etats-Unis pour restreindre les exportations de produits liés aux semi-conducteurs à d’autres pays vers la Chine. Il s’agit clairement d’une riposte de Pékin.
Le ministère du Commerce chinois a par ailleurs ajouté des dizaines d’équipements et de matériaux d’exploitation minière et de raffinage soumis à une licence à l’export. Les restrictions édictées sur les cinq éléments supplémentaires et les équipements de traitement entreront en vigueur le 8 novembre, juste avant l’expiration d’une trêve commerciale de 90 jours avec Washington.
Les règles concernant les entreprises étrangères qui fabriquent des produits à partir d’équipements ou de matériaux à base de terres rares entreront elles, en vigueur le 1er décembre prochain.
Samsung dans la ligne de mire
Le gouvernement chinois a également déclaré que les utilisateurs de défense étrangers ne se verront pas accorder de licences, tandis que les demandes liées aux semi-conducteurs avancés seront approuvées au cas par cas.
Les nouvelles règles s’appliquent aux puces de 14 nanomètres ou plus, aux puces mémoire de 256 gigas ou plus, aux équipements utilisés pour leur production, ainsi qu’aux activités de recherche et développement associées. Ces puces avancées sont utilisées dans des produits allant des smartphones aux puces d’IA qui nécessitent des performances de calcul élevées.
Les règles s’appliqueront également à la recherche et au développement de l’intelligence artificielle ayant des applications militaires potentielles.
La Corée du Sud abrite les principaux fabricants de puces mémoire Samsung Electronics et SK Hynix, évalue les conséquences des nouvelles restrictions et poursuivra les discussions avec Pékin pour minimiser leur impact, a déclaré son ministère de l’Industrie dans un communiqué cité par l’agence Reuters.
Les expéditions chinoises de terres rares ont augmenté régulièrement au cours des derniers mois, à mesure que Pékin accorde davantage de licences d’exportation, même si certains utilisateurs se plaignent encore d’ avoir du mal à les obtenir .











