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Le tourisme rwandais tient débout malgré le Covid-19

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Surnommé Pays de Mille Collines, le Rwanda se trouve aujourd’hui dans les cinq premiers pays africains les plus attractifs pour les investisseurs selon le classement du cabinet Deloitte et l’Africa CEO Forum (Africa CEOs Survey), édition 2019. Kigali compte sur ce secteur pour son développement en cette période de crise sanitaire. Reportage.
 
Ce pays de l’Afrique de l’Est, de 26 388 km2, marqué néanmoins par un passé douloureux poursuit son décollage. Il n’arrête pas de surprendre le monde. Malgré une légère chute dans le classement, il occupe la 5ème position avant l’Ethiopie, le Nigeria, le Maroc, la RDC et l’Afrique du Sud.

Aujourd’hui, le tourisme est un des plus grands facteurs de la croissance économique du Rwanda. Ses parcs nationaux, ses salles de conférences internationales, ses hôtels de luxe, son développement dans le domaine du transport, sa sécurité routière, …, séduisent le monde entier.

Arrivé à Kigali, la capitale rwandaise, une chose impressionne d’abord : sa propreté. Des avenues bien balayées, bien éclairées, des caniveaux dégagés, des maisons, buildings flambant neufs, bien embellis, retapées, etc. Pas de papiers, des feuilles d’arbres ou de fleurs, de sachets, … qui traînent dans les rues. L’air y est propre, car respirable, contrairement à d’autres mégalopoles en Afrique et ailleurs dans le monde. Ce n’est donc pas un hasard si cette ville de Kigali est classée cité la plus propre de l’Afrique. Une belle notation qui ne manque pas d’attirer les touristes du monde entier. Mais aussi les curieux !

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Le secteur touristique valorisé

 

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Palais des congrès de Kigali.

Ce chantier ne date pas d’aujourd’hui. C’est en 2012, huit ans après la tragédie, que la Banque Mondiale a débloqué 1,2 milliard de dollars américains comme assistance technique au département du Tourisme et la conservation du Rwanda. Et ce, dans le cadre du projet de soutien de la compétitivité et de la gouvernance.
Motivé et intéressé, le gouvernement va s’engager dès lors dans la préservation de l’environnement, la stabilisation de la situation sécuritaire, la création d’infrastructures de qualité, la promotion du Partenariat public-privé (PPP), etc. Résultat : le secteur du tourisme va renaître. Être promu !

Ainsi, des milliers des touristes vont affluer vers le Pays des Mille Collines surtout entre les années 2016-2017 selon la Banque mondiale.

Par l’organisation et la tenue des Sommets, des conférences, des forums, … sur le sol rwandais, la Banque mondiale fait état des entrées de 29,6millions de dollars en 2014, 47 millions de dollars en 2016 et près de 498 millions de dollars en 2019.

Ses gorilles, une aubaine

Le Rwanda a su exploiter la nature. «Kwita izina» (baptiser) est devenue depuis 2005 une cérémonie grandiose. But : sensibiliser aux efforts de préservation des gorilles de montagnes, une espèce menacée d’extinction dans le monde. Ces animaux attirent aujourd’hui des touristes, des scientifiques, des chercheurs internationaux, etc.
Pour 2020, c’est le 24 septembre, à l’occasion de la journée mondiale des gorilles que la 16ème cérémonie de «Kwita izina» a été organisée. Et ce, sous le thème : «Conservation et tourisme durable – une fondation pour les générations futures.»

En mode virtuel pour des raisons sanitaires à cause de la pandémie de coronavirus, les activités de cette année se focalisent sur les efforts des vétérinaires, rangers et d’autres acteurs impliqués dans la prise en charge des gorilles ainsi que la conservation de la biodiversité.

Une occasion de galvaniser encore les touristes : «Nous encourageons le touriste à visiter notre beau pays et à découvrir les merveilles de la randonnée pour voir les gorilles de montagne dans leur habitat naturel. Le Rwanda est ouvert au tourisme et le secteur sous-tend une grande partie de notre travail de conservation. C’est pourquoi nous sommes fiers de l’impact du tourisme durable sur nos efforts de développement national et de protection de l’environnement», a déclaré Belise Kariza, responsable Rwanda development board RDB).

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Kigali reste l’une des villes les propres du monde.

Dans cette période de pandémie, elle a tenu à ajouter que le Rwanda est soucieux de la santé des touristes : «La priorité numéro 1 du Rwanda est la santé et le bien-être des visiteurs de notre beau pays. En tant que l’un des trois seuls pays au monde à avoir des gorilles de montagne en voie de disparition et des nombreuses autres espèces de primates, nous avons également la responsabilité particulière de protéger ces magnifiques animaux.»
En juillet dernier, World Travel & Tourism Council (WTTC), une organisation internationale œuvrant dans la règlementation du secteur touristique, a apprécié les efforts de Kigali dans la mise en place des mesures nécessaires pour «la sécurité et la santé» des touristes.

Selon les statistiques du Conseil du développement du Rwanda (RDB), le pays, en 2018, a accueilli 1,711 million de touristes, soit une hausse des arrivées de 8%, par rapport à 2017. Les revenus globaux du parc abritant les gorilles de montagne, en 2018, ont atteint plus de 21,1 millions de dollars, les permis vendus aux touristes pour suivre les gorilles ayant, à leur tour, rapporté 19,2 millions de dollars, selon la même source.

L’impact du Covid-19

Il sied de signaler que le tourisme rwandais n’a pas échappé aux conséquences de la pandémie de Covid-19. Et ce, suite, selon Belise Kariza, responsable du RDB à des mois d’arrêt de toutes les activités.

Devant le Parlement, le Premier ministre rwandais, Édouard Ngirente, a souligné que le pays a perdu 79 milliards de francs rwandais en raison de l’annulation de 70 réunions et la fermeture des frontières depuis le 14 mars, avec la découverte du premier cas confirmé de Covid-19 sur le sol rwandais. Ce qui complique l’atteinte de la prévision de croissance économique évaluée à 8% cette année. «Le pays n’atteindra que 2%», a avoué Ngiriente, ajoutant que «suite à la fermeture des frontières», sur la projection autour de 27 mille voyages pour l’exercice 2019-2020, seule la barre 20 000 voyages aériens a été atteint. Une perte estimée à 8 milliards de Francs rwandais.

Et juin dernier, Kigali a pris la décision de rouvrir ses sites touristiques dans le cadre de la relance économique. Toujours dans le cadre de la relance économique, il y a déjà presque deux mois, l’Autorité de l’aviation civile rwandaise a décidé la réouverture des aéroports.
 

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