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La Tunisie face à un scandale d’importation de déchets italiens

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Que ne fera-t-on pas pour l’argent en temps de crise ? C’est la question que se posent les Tunisiens qui ont vu débarquer dans leur port des déchets venant de la région sud de l’Italie.

Alors que la Tunisie ne sait que faire de ses propres déchets, ses habitants ont assisté médusés au débarquement au port de Sousse de quantités impressionnantes de déchets potentiellement dangereux venant de la région du sud de l’Italie. Les services des douanes ont en effet mis la main sur 70 conteneurs de cette drôle de marchandise, avant que 212 autres ne soient mis à jours. Le ministère de l’Environnement censé donner les autorisations nécessaires accusent les services de douane, alors ces derniers nient farouchement toute implication dans cette rocambolesque histoire.

Du coup, le chef de gouvernement a été obligé de se séparer de Mustapha Aroui, son ministre de l’Environnement, limogé dimanche, sans motif officiel. Mais la raison réelle de son départ prématuré du gouvernement est un secret de Polichinelle.

Au-delà des conséquences économiques, l’affaire risque de se terminer devant la justice. En effet, aujourd’hui lundi 21 décembre, une douzaine de personnes, de hauts commis de l’Etat, ont purement et simplement été interpellées, dont Mustapha Aroui, lui-même, mais également des cadres des douanes et un directeur de l’Agence nationale de recyclage des déchets (Anged), selon Jabeur Ghnimi, porte-parole du tribunal de première instance de Sousse (est), chargé de l’affaire.

Les cargaisons mises en cause contenaient des déchets ménagers, dont l’importation est interdite par la législation tunisienne comme par les conventions internationales, qui les jugent « dangereux ».
Elles ont été importées par une entreprise locale, Soreplast, quelques semaines seulement après que cette société en sommeil a relancé ses activités, avec pour seule autorisation de recycler des rebuts plastiques industriels destinés à l’exportation.

En réalité, Soreplast a passé un contrat avec une société italienne, en l’occurrence Sviluppo Risorse Ambientali Sarl, basée à Naples et qui collecte et traite des déchets dans cette partie du pays. Il s’agit d’une convention prévoyant l’élimination de 120.000 tonnes maximum, au prix de 48 euros par tonne soit un total dépassant les 5 millions d’euros.

Si la saisie a eu lieu le 8 juillet et la décision avait été prise pour un retour à l’envoyeur, à ce jour pas un seul kilogramme n’a quitté le port de Sousse.

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