A quelques jours de l’élection présidentielle ce dimanche 6 octobre, le Tribunal de Première Instance de Tunis II a condamné Ayachi Zammel, candidat à la présidentielle, à 12 ans de prison, une peine assortie de l’interdiction d’aller voter, révèle son avocat, maître Abdessater Messaoudi
La justice reproche à cet agro-industriel et ancien député d’avoir enfreint les règles sur les parrainages, réputés particulièrement difficiles à réunir selon les experts. Il fallait soit 10.000 signatures d’électeurs, soit de 10 parlementaires ou de 40 élus de collectivités locales.
Ayachi Zammel, inconnu jusque-là du grand public, a été arrêté le 2 septembre, le jour-même de la confirmation de sa candidature à la présidentielle par l’Autorité électorale, ISIE. Agé de 47 ans et chef du parti libéral Azimoun, il est l’un des trois candidats retenus dans une liste définitive aux côtés du président sortant Kais Saïed, 66 ans, et de Zouhair Maghzaoui, 59 ans, un ancien député de la gauche panarabiste.
Des ONG vent debout !
En détention, Ayachi Zammel ne peut pas faire campagne mais son équipe diffuse régulièrement sur les réseaux sociaux des vidéos enregistrées avant son arrestation. Une coalition de l’opposition de gauche et de personnalités proches du parti Ennahda, formation qui avait soutenu le président Saied en 2019, ont appelé à voter en sa faveur pour « tourner la page » de l’ère Saied.
Des ONG tunisiennes et étrangères ont critiqué ces dernières semaines le processus de sélection des candidatures. Human Rights Watch a dénoncé le fait qu’ «au moins huit candidats potentiels ont été poursuivis en justice, condamnés ou emprisonnés et, de facto, empêchés de se présenter.» L’ISIE a aussi été accusée par plusieurs ONG d’avoir « perdu son indépendance » pour avoir exclu trois concurrents réputés «très sérieux» du président Saied, dont Mondher Zenaïdi, un ancien ministre, malgré leur réadmission par le tribunal administratif.
D’autres prétendants à la présidence de la République se sont plaints d’avoir été entravés sur le plan administratif pour obtenir divers documents (formulaires de parrainage, casier judiciaire, etc.) permettant de constituer leurs dossiers. Kais Saïed poursuit son cirque.





Tunisie

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