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Quinze solutions climatiques nordiques pour réduire les émissions mondiales de 4Gt

Il y a quinze solutions nordiques ayant toutes prouvé leur preuve en Norvège, Danemark et Suède et dont l’implémentation pourrait réduire les émissions mondiales de 4 gigatonnes de carbone chaque année d’ici 2030. Ce qui équivaut aux émissions annuelles totales de l’UE.

“Nordic Green to Scale” a analysé le potentiel des solutions climatiques nordiques et surtout leur adoption par le reste du monde. Cela comprend le chauffage urbain ou l’énergie éolienne, mais également les biocarburants dans les transports, ainsi que les méthodes pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, une meilleure gestion du fumier dans l’agriculture et la réduction du méthane dans la production de pétrole et de gaz.

Par Páll Tómas Finnsson

 

Tirer le meilleur profit de solutions ayant fait leur preuve

Ces solutions nordiques ont été sélectionnées pour le projet Nordic Green to Scale en fonction de leur faisabilité technologique, de leur caractère évolutif, de leur coût et de leurs économies d’émissions. Il s’agit d’un mix équilibré de solutions à faible teneur en carbone de différents secteurs dans les cinq pays nordiques : l’énergie, les transports, l’industrie, les bâtiments et les ménages, l’agriculture et les forêts.

Pall Tómas Finnsson

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«Nous avons exploré la possibilité d’utiliser ces solutions ayant déjà fait leur preuve et de les appliquer à l’échelle internationale», explique JannePeljo, spécialiste principal de Sitra, Fonds d’innovation finlandais, qui a réalisé l’analyse en coopération avec des instituts de recherche des cinq pays scandinaves et du Conseil nordique des ministres. Les résultats ont été présentés le 16 novembre dans le pavillon commun nordique de la COP22, baptisé New Nordic Climate Solutions.

La réduction des émissions est optimisée à travers l’implémentation de la production combinée de chaleur et d’électricité (PCCE) à l’échelle mondiale. Si les autres pays devaient suivre l’exemple de la Finlande et du Danemark dans l’application des technologies de cogénération, cela réduirait les émissions mondiales de 1 171 MtCO2 par an. S’inspirer de l’utilisation de l’éolien terrestre par le Danemark entraînerait une réduction annuelle de 695 MtCO2, tandis que la réduction des émissions des nitrates dans la gestion du fumier dans le secteur agricole pourrait diminuer environ 478 MtCO2 par an. L’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments, comme c’est le cas en Suède, correspond à un potentiel de réduction des émissions de 430 MtCO2.

“En termes de coûts, l’implémentation des quinze solutions nordiques nécessitera un peu plus de 10 milliards de dollars à l’horizon 2030”, affirme le Conseiller principal de OrasTynkkynen, qui a dirigé l’analyse réalisée par Nordic Green to Scale en collaboration avec Sitra. “Bien entendu, ceci est un montant important, mais au stade actuel ce n’est rien de plus que 9 jours de production mondiale d’énergies fossiles”.

«Le côté positif de l’histoire c’est que la plupart des solutions dont nous avons besoin existent déjà, de plus elles sont à la fois réalisables et rentables», a déclaré AnnikaRosing, responsable du Département de la croissance et du climat du Conseil ministres nordiques. «Le projet Nordic Green to Scale permet aux pays d’identifier les solutions existantes qui répondent ou qui vont au-delà de leurs ambitions climatiques actuelles tout en bénéficiant de nombreux avantages, comme l’amélioration de la qualité de l’air et des emplois verts.

Aucune excuse quant à l’inaction

“La principale préoccupation des décideurs concernant les mesures climatiques est qu’il est trop difficile ou trop coûteux de réduire rapidement les émissions”, signale Tynkkynen. “Notre objectif est de mettre en exergue les réalisations des pays nordiques comme solutions à faible teneur en carbone et jusqu’à ce que les autres pays peuvent en tirer”.

Un important potentiel de réduction des émissions de CO2 a également été identifié dans l’utilisation des biocarburants dans les transports, pour environ 423 MtCO2 par an et dans la bioénergie pour le chauffage. Si le Canada, la Russie et la Mongolie utilisaient autant de bioénergie pour le chauffage que la Finlande, cela réduirait les émissions de 193 MtCO2 par an Parmi les autres solutions analysées par le projet Nordic Green to Scale, il convient de citer l’énergie éolienne offshore et l’utilisation de la géothermie, la séquestration géologique de dioxyde de carbone ou Carbone capture and storage (CCS) dans la production pétrolière et gazière et l’énergie à faible émission de carbone dans l’industrie des pâtes et papiers, ainsi que les solutions de transport écologique. On peut citer en exemple le succès des politiques de promotion des véhicules électriques en Norvège et l’impact de l’utilisation massive du vélo dans les villes danoises. Le projet a également analysé l’utilisation des pompes à chaleur domestiques en Suède et le potentiel de réduction lié aux efforts de reboisement et de restauration des terres en Islande.

L’objectif de l’analyse Nordic Green to Scale a été de fournir une perspective régionale plus spécifique sur les potentiels de réduction des émissions en analysant des solutions à partir d’une zone avec des conditions climatiques similaires, des conditions économiques et un cadre général pour les actions de société.

« Actuellement, l’innovation et les nouvelles technologies font qu’aucune excuse n’est plus permise pour ne pas prendre des mesures et d’introduire les solutions qui sont déjà disponibles», Selon Tynkkynen.

KimmoTiilikainen, ministre de l’Agriculture et de l’environnement de Finlande, a déclaré dans son discours lors de la publication de l’étude que partout dans le monde, il fallait prendre plus d’actions pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

“L’Accord de Paris est le résultat d’années de travail acharné de milliers de personnes qui croient que nous ne pouvons inverser la tendance du changement climatique qu’en œuvrant ensemble. Maintenant, il est temps d’agir. Les études mondiales et celles de Nordic Green to Scale montrent clairement qu’il existe de nombreuses solutions à faible empreinte de carbone auxquelles nous pouvons recourir pour réduire les émissions. Et ce, ni pour demain, ni pour un avenir lointain, mais dès aujourd’hui. “

Evaluation approfondie de l’applicabilité à l’échelle mondiale

“Ces quinze solutions nordiques varient beaucoup en termes d’évolutivité et de réduction des émissions de CO2″, explique Jan IvarKorsbakken, chercheur principal en économie climatique au Centre international de recherche sur le climat et l’environnement (CICERO). «Nous avons été très prudents dans l’évaluation de l’applicabilité de ces solutions nordiques dans d’autres endroits, car nous sommes plus riches et plus technologiquement avancés que de nombreux pays. Une solution norvégienne pourrait donc ne pas être applicable dans un pays en développement comme le Malawi.”

Pour illustrer l’importance de l’évaluation du potentiel d’extension de chaque solution, Korsbakken retient deux exemples de succès scandinaves : les pompes à chaleur électriques et l’intégration de l’énergie éolienne. Le potentiel mondial de réduction des émissions par l’utilisation de pompes à chaleur, explique-t-il, n’est que d’environ 64 MtCO2 par an. La raison en est qu’ils sont en concurrence avec d’autres technologies à faibles émissions de carbone et que les économies d’émissions sont relativement faibles dans les pays où l’électricité est produite à partir de combustibles fossiles.

En abordant l’applicabilité de l’énergie éolienne à l’échelle mondiale, les analystes ont rencontré un problème quelque peu différent. Car, “le Danemark est un petit pays avec un grand potentiel éolien eu égard à sa superficie. Si le Canada et l’Australie devaient exploiter une proportion comparable de leur potentiel technique, ils produiraient plus d’électricité éolienne qu’ils n’en consomment. Par conséquent, nous avons réduit le potentiel dans certains pays pour assurer plus de réalisme des résultats de l’étude”, affirment-ils.

Climat Environnement Páll Tómas Finnsson Urbanisme

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